Ici, pas de ligne de production ultra-automatisée. Pas de standardisation. Au sein de la nouvelle usine de Sigmaphi, installée à Saint-Avé (56), tout est fait sur mesure. Souvent au prix d’un travail manuel physique. « C’est de la haute couture, se plaît à dire Sébastien Longelin, P.-D.G. de la société. Nous nous situons entre l’artisanat et l’industrie. » À mille lieues de l’univers du textile, Sigmaphi conçoit et fabrique des électro-aimants pour accélérateur de particules. Electro-aimants résistifs, supra-conducteurs, pulsés… Autant de mots qui n’évoquent pas grand-chose au grand public. Si ce n’est une grande technicité compréhensible des seuls initiés.
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Parfois lourds d’une centaine de tonnes, ces électro-aimants, peuvent pourtant avoir des applications très concrètes. À titre d’exemple, ils sont indispensables dans le cadre des protonthérapies suivies par les personnes souffrant d’un cancer. « L’électro-aimant est l’autoroute de la particule, vulgarise Sébastien Longelin. Il dirige le faisceau qui vient bombarder la tumeur avec une grande précision. Cela permet d’épargner les tissus sains ». Outre le domaine médical, les électro-aimants sont également très prisés par les secteurs de la recherche, de l’industrie et de l’énergie. Plus particulièrement pour la fusion nucléaire.
De véritables marchés de niche sur lesquels Sigmaphi réalise des performances enviables. En 2025, son chiffre d’affaires en France a atteint 25 millions d’euros avec 150 salariés. Cette même année, le chiffre d’affaires de Sigmaphi en Chine s’élevait à 5 millions avec 30 employés. Ce qui équivalait à un chiffre d’affaires consolidé de 30 millions d’euros et 180 salariés. Pour ce qui concerne ses activités en France, l’entreprise a connu une croissance de 15 % à 20 % par an sur les trois dernières années. « On va continuer à croître à ce rythme durant les deux prochaines années », avance le P.-D.G. Car le carnet de commandes de l’entreprise est plein sur deux ans.

Les éléctro-aimants de Sigmaphi peuvent peser une centaine de tonnes. ©7Jours/Didier Echelard
« Nous sommes une des sociétés qui couvrent le plus grand spectre de l’électro-aimant »
Il faut dire que Sigmaphi a développé une expertise et un savoir-faire sur des technologies de pointe que seules une dizaine d’entreprises au monde peuvent se targuer de maîtriser. De taille moyenne comparée à ses concurrents, européens pour la plupart, Sigmaphi talonne les deux très gros acteurs présents sur ce marché.
Ce qui la distingue ? C’est la diversité de ses produits et de ses marchés puisqu’elle propose trois types d’électro-aimants et est positionnée sur quatre marchés. « Nous avons tous les types de produits donc nous sommes bien placés, estime Sébastien Longelin. Nous sommes une des sociétés qui couvrent le plus grand spectre de l’électro-aimant. » S’ajoute à cela la capacité à codévelopper un produit. Les clients arrivent avec une demande. L’entreprise industrialise alors leur idée avec des machines dével…