Couverture du journal du 23/09/2022 Consulter le journal

Morbihan : Le retour des touristes européens

Les professionnels du tourisme du Morbihan ont le sourire. En attendant des chiffres consolidés de l’ensemble de la profession, ils estiment avoir réussi leur saison estivale. Les touristes français et européens sont de nouveau fidèles au département même si le contexte économique a largement pesé tant sur leurs comportements que sur celui des professionnels.

morbihan, Larmor plage

Larmor plage © Shutterstock

« Globalement, la filière ne se plaint pas, se félicite Patrick Goven, président des campings du Morbihan, du SDHP 56 (Syndicat départemental de l’hôtellerie de plein air) et gérant du camping de Kerpenhir à Locmariaquer. Nous avons eu un climat au top et nous avons tous eu une bonne saison grâce au retour de la clientèle européenne. » Avec une proportion estimée entre 8 et 10 %, la clientèle européenne (Belges, Britanniques, Hollandais, Allemands et Espagnols) retrouve ses niveaux d’avant Covid.

Des professionnels soulagés

Même son de cloche du côté des hôteliers. « Nous sommes vraiment soulagés, notre saison s’est bien passée explique Frédéric Avignon, directeur associé de l’hôtel restaurant Les Mouettes à Larmor-Plage et président du club des hôteliers de Lorient. Environ 80% de l’offre hôtelière a été remplie et c’est une bonne nouvelle pour nous qui avons connu deux années difficiles. La fréquentation n’a pas atteint les niveaux de 2019, mais le prix du ticket moyen est supérieur. Cette saison a réussi à lever une grande partie de nos angoisses du printemps. Nous craignions que le télétravail, notamment, freine fortement le tourisme d’affaires. Ça n’a pas été le cas, fort heureusement. »

Les clients ont modifié leurs habitudes et exigent plus de souplesse.

Le grand enseignement de la saison 2022 ne concerne donc pas les chiffres. Les deux professionnels s’accordent sur le profond changement de comportements des touristes : réservations en mobilité à la dernière minute, repas sur le pouce, séjours moins longs et exigences environnementales. « Pour l’hôtellerie de plein air, on colle complètement à la réalité, nous sommes déjà très vertueux car nous avons déjà mis en place de nombreuses actions environnementales », précise Patrick Goven. Côté hôtellerie-restauration, le constat est le même. « Les clients ont modifié leurs habitudes et exigent plus de souplesse. Fini le menu, entrée, plat, dessert, constate Frédéric Avignon. Et c’est à nous de nous adapter. À nous de régler nos voiles pour avancer ! »

Forte pénurie de main-d’œuvre

Le bémol concerne le recrutement du personnel saisonnier et la hausse du prix de l’énergie. « Pour le moment, je n’ai pas eu connaissance de véritables défaillances même si beaucoup de restaurateurs ont dû revoir leurs horaires et leur rythme de travail », dit Patrick Goven. Le Covid a entraîné un grand nombre de reconversions et le prix des déplacements (et des logements) a découragé bon nombre de saisonniers. « La pénurie touche tout notre secteur et nous sommes obligés d’aller de l’avant pour être à nouveau attractifs, positive Frédéric Avignon. Aux Mouettes par exemple, nous avons embauché des jeunes non qualifiés, mais motivés avec un tutorat des anciens. Nous avons aussi la masse salariale de 16 % et proposé la journée continue. »