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Navexpo : Les grandes tendances maritimes s’exposent

À l’occasion des trois jours du salon Navexpo qui rassemblait les professionnels du maritime à Lorient, l’avenir d’un secteur en pleine évolution technologique se dessine. Parmi les grandes tendances qui émergent, trois d’entre elles semblent être appelées à un grand avenir : les drones marins, les embarcations électriques et les bateaux volants.

4e édition du salon à flot Navexpo en rade de Lorient 4e édition du salon à flot Navexpo en rade de Lorient ©Navexpo

Drones marins : moins chers et plus agiles

« Nous allons peu à peu migrer vers l’emploi du drone pour alléger les opérations et aller vers une plus forte automatisation des procédures en mer », prédit Raphaël Bourdon, directeur général de RTsys. Le constructeur morbihannais de drones marins travaille aussi bien avec la Défense qu’avec les différentes industries en mer, convaincu que les engins autonomes marquent une différence très marquée par rapport aux engins téléopérés de type ROV.

Les drones sous marins de RTSys (Caudan) descendent à 300 m aujourd’hui et bientôt 3 000 m Les drones sous marins de RTSys (Caudan) descendent à 300 m aujourd’hui et bientôt 3 000 m ©7J-DB

« Nous sommes capables de nous approcher très près de la zone ciblée, même quand la mer est formée et nous coûtons beaucoup moins cher que la location d’un bateau spécifique et de son équipage. » L’autonomie de ces engins permet également d’automatiser certains process comme la surveillance d’un réseau électrique, d’infrastructures ou des recherches d’objets. Le tout jusqu’à 300 mètres de profondeur et bientôt beaucoup plus, toujours avec une bonne qualité instrumentale.

Embarcations électriques : importantes pour la décarbonation

« Un moteur électrique est plus performant qu’un moteur thermique », affirme Gildas Olivier, dirigeant l’entreprise vannetaise Switch SAS, également membre du conseil d’administration de l’Association française des bateaux électriques. »

Un bateau 100% électrique Un bateau 100% électrique ©DR

« Aujourd’hui, nous avons des engins exceptionnels dont les rendements avoisinent les 98 %, contre 50 % pour le thermique. » Autre avantage, ils n’émettent pas directement de gaz à effet de serre et pourraient limiter, voire mettre un terme aux émissions des navires qui, en Europe, utilisent des échappements directs (pas ou peu de filtres).

« À condition de baisser la vitesse sur l’eau, l’électrique est une solution d’avenir, explique Gildas Olivier. D’autant que les progrès sont spectaculaires : en dix ans, le poids et le prix ont diminué de 30 % et l’autonomie a été doublée ; et dans trois ans, la charge sera quatre fois plus rapide. » La question de la maintenance allégée sur l’électrique et celle du moindre coût d’exploitation devraient aussi faire pencher la balance.

Bateaux volants : particulièrement efficients

« Nous vivons actuellement une grande révolution sur les matériaux, notamment sur le composite et le carbone qui est aujourd’hui sans équivalent », indique Jean-Paul Dufau, président d’Héol Composites (fabricant du safran et de la bôme de l’AC75 du Team France de la Coupe de l’America).

Aldrik de Fombelle (directeur de Pennavel), Daniel Cueff, vice président au conseil régional et Fabrice Loher, président de Lorient agglomération (de g. à dr.) Aldrik de Fombelle (directeur de Pennavel), Daniel Cueff, vice président au conseil régional et Fabrice Loher, président de Lorient agglomération (de g. à dr.)©7J-DB

« Le gain en poids et la résistance des appendices font que nous pouvons aujourd’hui considérer que le bateau volant est l’avenir, à condition qu’il soit conçu pour ça. » Le spécialiste du carbone aime à dire que son métier artisanal consiste à « faire du creux » pour alléger au maximum l’embarcation.

Héol a notamment réussi à construire un catamaran de 30 mètres qui ne pèse que deux tonnes. Grâce à ses foils, le bateau gagne en traînée, en confort et en puissance. Reste à faire diminuer la note, pour démocratiser ces innovations sur tous les plans d’eau du monde.

 

Présentation officielle du projet Pennavel

La salle de conférences de Navexpo est comble pour la présentation du projet du parc éolien flottant, au large des côtes de Belle-Île-en-Mer.

Pennavel, consortium composé d’Elicio et BayWa r.e, a été désigné comme lauréat de l’appel d’offres pour ce parc éolien flottant le 15 mai dernier. D’une puissance de 250 MW, il s’agit du premier parc éolien flottant commercial au monde à se voir attribuer un tarif d’achat.

L’équipe Pennavel aux côtés de son directeur Aldrik de Fombelle, de Daniel Cueff, vice-président au conseil régional et Fabrice Loher, président de Lorient agglomération DR

Les responsables des deux sociétés Elicio et BayWa r.e sont à la tribune, très vite rejoints par Fabrice Loher, président de Lorient Agglomération et de Daniel Cueff, vice-président Mer et littoral à la Région Bretagne.

Aldrik de Fombelle directeur de Pennavel, présente les principales caractéristiques du parc devant un parterre attentif : le 12e parc en Bretagne, treize éoliennes au maximum, 250 MW, 10 millions d’euros d’investissements participatifs, un coût total estimé à près d’1 milliard d’euros… Mais nous n’en sommes encore qu’à la phase de développement jusqu’en 2029.

« Nous venons de gagner le droit exclusif de déposer le permis de construire à l’issue de cette première phase », se félicite le responsable de Pennavel. Les politiques enchaînent. « Nous sommes très heureux de ce choix, dit Fabrice Loher, car Lorient a été choisi comme zone de maintenance (5 millions d’euros de retombées sur toute la Bretagne, ndlr). »

Le développement local a été un aspect déterminant de la candidature de Pennavel qui a même obtenu le label Breizh Content. De quoi justifier la grande satisfaction de Daniel Cueff : « Vous vous êtes très fortement engagés sur le local et quand nous avons su que vous étiez choisi, nous avons tous explosé de joie. »