Couverture du journal du 18/09/2020 Consulter le journal

SPACE 2019

Rencontre avec 3 exposants innovants

Le Salon international de l’élevage a ouvert sa 33e édition mardi 10 septembre, pour quatre jours, au Parc-expositions de Rennes Saint-Jacques. 1 400 exposants, 700 animaux, et quelques 100 000 visiteurs dont le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, qui a foulé les allées du salon le premier jour.

Côté innovation les sujets sont pléthoriques : l’excellence sanitaire, les pratiques environnementales, l’amélioration de la compétitivité, le bien-être animal, le confort de travail des éleveurs, la gestion des données, etc

De nombreuses entreprises travaillent sur les aménagements nécessaires à l’amélioration des conditions de travail des éleveurs. Le salon permet de présenter des solutions innovantes, pour une agriculture en pleine mutation. 46 distinctions Innov’Space ont été attribuées, d’une ou deux étoiles en fonction du degré d’intérêt pour l’éleveur ou de l’utilisateur final, de l’équipement ou service, et du degré de nouveauté par rapport aux gammes existantes sur le marché. L’intérêt porté par les éleveurs aux nouvelles solutions est fort, ils sont de plus en plus connectés et utilisent plus d’outils numériques.

Le stand Agretic propose par exemple un panel de projets, de prototypes, ou de produits commercialisés. Un espace monté piloté par Bretagne Développement International (BDI), la Chambre d’agriculture de Bretagne, qui vise à développer le numérique dans la filière agricole. 8 ans de programme Agretic c’est 79 projets d’expérimentations accompagnés et 11,40 M€ investis.

CHRONOPATURE
S’assurer que les vaches passent au moins 150 jours par an dehors, temps nécessaire au label « Lait de pâturage »

C’est un produit développé par Adventiel, une entreprise de 200 salariés dont le siège est à Pacé, comptant également une agence à Caen et Paris. Ce système s’est basé sur le label « Lait de pâturage », un label reconnu qui demande aux éleveurs de laisser paître les vaches au moins 150 jours par an. « La solution proposée s’appuie sur système de zonage. Via une puce accrochée au collier de la vache, de manière géolocalisée, on peut savoir si elle était hors du bâtiment ou à l’intérieur. Et l’on n’est pas obligé d’équiper tout le troupeau, nous sommes en cours de test sur deux cheptels, en équipant uniquement la vache meneuse du troupeau. » Un système de recueil et de transfert automatique des données combinant des technologies Iot et Cloud. « Nous travaillons sur ce cas d’usage spécifique. Ce système de traçabilité peut aussi servir comme outil d’aide à décision, si l’on souhaite optimiser l’occupation de ses parcelles. »

Xavier L’Hostis, responsable innovation chez Adventiel

OGO PTO
Quantifier l’utilisation d’un matériel agricole, dans le cas d’un usage par plusieurs personnes (tel CUMA)

Il s’agit là d’un capteur d’activité, analysant l’utilisation d’un outil agricole. Dans les Cuma, les Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole, les agriculteurs ont en commun du matériel, tel que des semoirs, des remorques, des rotavator, afin d’éviter d’investir seul dans des équipements coûteux. Les capteurs OGO PTO peuvent se poser sur le moyeu des roues ou les prises de force, et permettent de connaître l’utilisation exacte de l’engin lorsque l’agriculteur le loue. « Cette solution permet d’automatiser la gestion et la facturation des prestations agricoles. Vitesse de rotation, nombre d’heures, les capteurs OGO ne nécessitent ni abonnement GSM, si géolocalisation, ils ne sont pas intrusifs. »
Via une application pour l’agriculteur, et une plateforme en ligne pour le responsable de la Cuma, les données sont traitées immédiatement. Une solution développée par la startup KEMTAG, basée à Québriac, qui a lancé ce produit lors du Space 2018, et compte une vingtaine de capteurs en démonstration dans l’Ouest, l’Ile-de-France, le Grand Est.

David Vandenberghe, représentant de Kemtag

SPOUTNIC NAVS
Un robot autonome multitâche dans les bâtiments d’élevage

C’est le second robot signé Tibot Technologies, entreprise installée à Cesson-Sévigné. Le premier robot Spoutnic s’est vendu dans le monde entier, des Usa au Japon, et en Bretagne bien sûr, soit environ 70 exemplaires en 1 an et demi. « Nous faisons le lancement du second robot, le « Spoutnic NAV » à l’occasion de ce Space. Celui-ci est doté d’un navigateur, alors que l’autre évoluait de manière aléatoire dans le bâtiment. » Ce robot circule au sein de l’élevage selon un parcours autogénéré ou défini par l’éleveur. Il entretient quotidiennement la litière, stimule l’activité des volailles, améliorant ainsi les performances technico‐économiques de l’élevage et allégeant la charge de travail de l’éleveur. Un outil adapté à ce milieu hostile, évoluant dans les fientes de volailles et les émanations d’ammoniac, ils sont ainsi quatre ingénieurs au bureau d’études de Tibot Technologies pour travailler sur ces machines performantes. Compter 6 700 € le premier Spoutnic, 11 000 € pour cette nouvelle version avec navigateur.

Noël Vaslon, commercial chez Tibot Technologies

7Jours N°4986 – septembre 2019