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Travaux publics de Bretagne : « L’investissement n’est pas à la hauteur des priorités »

Les membres de la Fédération régionale des travaux publics de Bretagne ont fait le point sur les actualités du secteur au club de la presse de Rennes, en présence de François Coville, président de la fédération. Les professionnels du secteur, qui peinent à recruter, estiment notamment que les Communes et Départements n’investissent pas assez pour l’entretien des infrastructures.

Francois Coville ©L.M7Jours

En Bretagne, 1 000 entreprises (TPE, PME, ETI, agences de groupes) et 14 000 salariés réalisent et entretiennent les infrastructures*, « qui participent à la transition écologique, la compétitivité et la cohésion territoriale ».

Des finances locales contraintes

À mi-mandat du cycle communal, « l’investissement n’est pas à la hauteur des priorités en matière de transition écologique et énergétique » indique la fédération régionale. Alors que la profession dépend à 50 % de la commande publique, particulièrement des communes et intercommunalités, l’activité des travaux publics (TP) « n’est pas euphorique », avec des disparités de territoires et de spécialités. Par exemple : l’activité liée aux réseaux d’assainissement n’est pas à la hauteur des besoins, particulièrement sur le bassin rennais et dans les Côtes d’Armor. Or, l’objectif est de mettre en conformité les 5 % des stations non conformes d’ici à 2030 et atteindre un taux moyen de 30 % dans la réutilisation des eaux usées traitées (REUT).

Les professionnels des TP connaissent les contraintes des finances locales, notamment la forte baisse des droits de mutations avec un niveau de ressources financières des conseils départementaux pour leur investissement qui est revenu à la période d’avant Covid. Quant aux crédits d’État, tels que le fonds vert, ils sont aussi en baisse sur le volet de la transition écologique, « ce qui est assez paradoxal »

Décarbonation et plateforme de gestion des aléas climatiques

La profession est aussi engagée dans la décarbonation, même si elle estime que les alternatives écologiques en matière énergétique pour les engins TP ne sont pas encore satisfaisantes. La part de l’activité TP dans les émissions de gaz à effet de serre françaises est de 3,5 % : « la trajectoire de décarbonation que s’est donnée le secteur à horizon 2030 est une réduction de -40 % par rapport aux émissions de 1990. » L’utilisation du logiciel SEVE (éco-comparateur) permet d’analyser et de comparer les solutions proposées.

Par ailleurs, de nombreuses entreprises souhaitent pouvoir recycler et réemployer les matériaux de chantier, « c’est un vrai sujet, or certains maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre restent trop frileux et ne veulent pas sortir de leur zone de confort et des habitudes ».

*Les entreprises de travaux publics assurent la construction et l’entretien des infrastructures et réseaux : développement et redimensionnement des réseaux et des infrastructures gazières, des réseaux d’eaux et d’assainissements ; l’entretien du réseau routier et développement des voies cyclables ; le développement des réseaux de transport et de distribution d’énergie ; le remplacement de l’éclairage public ; le renforcement de digues et autres ouvrages de protection du littoral (cales, jetées, quais) face à l’érosion.

©FRTP

©FRTP

L’outil Infraclimat.com, a été mis en place par la fédération pour accompagner les décideurs publics dans la gestion des aléas climatiques : une plateforme digitale de visualisation des impacts du changement climatique sur les infrastructures françaises, mise à disposition gratuitement en ligne et à destination de l’ensemble des collectivités françaises. Cet outil vise à faire prendre conscience des risques, mais aussi des solutions existantes. Cinq aléas climatiques ont été retenus : submersions marines,  inondations et les précipitations extrêmes, la sécheresse et vague de chaleur, avec retrait-gonflement d’argile.