Toutes les grandes sagas agroalimentaires possèdent leur récit originel. Celui de la crêpe dentelle naît en 1886 dans le quartier de Locmaria, à Quimper (Finistère), lorsque Marie-Catherine Cornic oublie sa crêpe sur le billig (la plaque en fonte traditionnelle).
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Plutôt que de jeter cette pâte trop cuite, elle décide de la plier et de l’enrouler. Le résultat ? Un biscuit d’une légèreté inédite. La sérendipité, voilà donc le premier ingrédient du succès de la crêpe Gavottes. Ou l’art de transformer, par accident, une erreur de cuisson en un actif industriel hautement rentable.
Ce geste de fortune constitue aujourd’hui le cœur d’un savoir-faire industriel de haute précision. Le véritable tour de force de l’entreprise n’a pas seulement été de préserver la recette artisanale, mais de réussir son industrialisation. Reproduire à l’échelle de milliers de tonnes le pliage d’une pâte d’une fraction de millimètre d’épaisseur, sans jamais la briser, a exigé des décennies d’ingéniosité mécanique, des investissements technologiques constants sur les lignes de production et requiert au minimum un mois de formation en binôme pour qui est amené à intervenir sur ces lignes au secret, un des mieux gardé de Bretagne.
Du mythe fondateur à la haute précision mécanique
L’histoire moderne du biscuit s’accélère au début des années 1990, lors…