Entre l’atelier artisanal des débuts et aujourd’hui, que reste-t-il de l’entreprise rachetée en 1986 sous le nom des Salaisons d’Armor ?
Valérie Le Graët. Mon père (Noël Le Graët, ndlr) avait repris une petite salaison de jambon, arrêtée au bout d’un an. Une structure modeste n’avait aucune chance face aux mastodontes du secteur. L’entreprise opère alors un virage total vers le surgelé. En revanche, il reste l’essentiel : des femmes et des hommes, comme notre chef de la maintenance qui a vécu les premiers jours et s’apprête à partir en retraite. Il reste surtout trois piliers immuables : l’autonomie, la diversité et l’ancrage territorial. Dès l’époque où l’équipe comptait vingt personnes, mon père partait vendre avec sa mallette, et l’atelier se débrouillait pour fabriquer. On s’appuie sur des gens audacieux. La diversité, c’est le refus du produit unique pour amortir les chocs économiques. Et l’ancrage territorial, c’est le choix délibéré d’être restés à Plélo, sur la même zone, alors que d’autres collectivités nous déroulaient le tapis rouge pour venir s’installer.
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Rachel Le Pévédic. Le site initial de Celtigel est toujours dans le groupe et abrite désormais la conserverie Délices de la Mer, qui emploie quarante personnes. Lors de notre anniversaire, Noël Le Graët a eu ces mots très forts devant les équipes : « Je suis un homme heureux grâce à vous. Si nous avons réussi, c’est parce que j’ai su m’entourer de gens meilleurs que moi. » C’est exactement cette culture-là qui perdure.
Celtigel est un élément majeur du groupe. Pourquoi conserve-t-elle ce statut central ?
V. L. G. Parce que c’est l’acte fondateur, ainsi que notre locomotive économique. L’entreprise concentre à elle seule environ un quart de nos effectifs et de notre activité consolidée. Nos autres sociétés, qu’il s’agisse de la conserve, du petfood ou du mareyage, sont tout aussi dynamiques.
Vous sortez d’un chantier d’envergure chiffré à 8 millions d’euros, dont 7,5 millions s…