DOSSIER. Frédéric Faure : « Nous voulons maintenant passer à l’industrialisation »

Avec environ 150 entreprises, 2 500 emplois et un chiffre d’affaires estimé entre 150 et 200 millions d’euros, la filière bretonne des algues cherche désormais à franchir un cap industriel. Élu pour trois ans à la présidence du Cluster Algues Bretagne, Frédéric Faure veut accélérer le passage à l’échelle de nouveaux débouchés, des biomatériaux aux biostimulants agricoles. Mais l’accès à la ressource, certains verrous réglementaires et le manque de capacités de transformation restent des freins à son développement.

Frédéric Faure, Cluster Algues Bretagne

Frédéric Faure, Cluster Algues Bretagne ©Nathalie Oundjian

Quel poids économique représente la filière algues en Bretagne ?

Frédéric Faure. Nous estimons la filière à environ 150 entreprises, de la récolte à la transformation, pour quelque 2 500 emplois et un chiffre d’affaires compris entre 150 et 200 millions d’euros. Ce chiffre d’affaires provient très majoritairement des extraits d’algues : texturants pour l’industrie agroalimentaire, cosmétique ou pharmaceutique, actifs cosmétiques et pharmaceutiques, extraits biostimulants pour l’agriculture… Les algues brutes, destinées principalement à l’alimentation humaine, n’en représentent qu’une très faible proportion. La difficulté reste de consolider précisément ces données, car certains groupes exercent plusieurs activités et il n’est pas toujours simple d’isoler celle qui relève des algues.

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Quels sont les marchés les plus dynamiques ?

F. F. L’alimentaire, la cosmétique et la pharmacie restent des marchés porteurs. L’alimentation progresse toutefois lentement, car l’algue n’est pas encore un aliment courant pour le consommateur français ou européen, contrairement à l’Asie. Le changement des habitudes culinaires prend du temps. Ce qui est nouveau, c’est l’attractivité des biomatériaux. Il y a cinq ou dix ans, ce marché était beaucoup moins présent. Aujourd’hui, on voit apparaître une demande autour des matériaux ou des bioplastiques capables de se substituer à des produits pétrosourcés.

Ces nouveaux débouchés sont-ils déjà prêts à trouver une ré…

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