Couverture du journal du 01/07/2022 Consulter le journal

Mécénat : La Fondation Bardon partage son expérience

Le 21 septembre dernier Vincent Bardon réunissait à Rennes un tapis d’entrepreneurs pour évoquer le mécénat et sa mise en œuvre. Une soirée ponctuée par les interventions d’Isabelle Legendre, présidente d’Espoirs d’Enfants et du philosophe Raphaël Enthoven.

Magazine 7 Jours Bretagne logo

©KB-7J

« Lorsque nous avons décidé en 2012 de développer un projet d’accès à l’éducation dans la province d’Essaouira, des difficultés sur le terrain ont rapidement émergées. C’est là que nous nous sommes rapprochés de la Fondation de France pour concrétiser les choses », explique Vincent Bardon. « Lorsqu’on se projette dans la création d’une fondation, bien souvent on imagine qu’il sera nécessaire d’injecter des sommes colossales de l’ordre du million… que c’est un truc énorme! On pense Fondation Hermès, Fondation Orange… alors que finalement créer une fondation est plus accessible que ne le pense la majorité des chefs d’entreprise ».

Créer une fondation est plus accessible que ne le pense la majorité des chefs d’entreprise.

Placer son activité de mécénat au sein d’une fondation abritante

Une réalité qu’a découvert le dirigeant lorsque la Fondation de France lui suggère de créer « une fondation sous égide » pour soutenir ses projets de construction écologique à but social.

Mecenat

Isabelle Legendre, présidente d’Espoirs d’Enfants. Fondation Bardon ©DR

« Cette forme nécessite 200000 euros d’engagement sur 5 ans soit 40 000 € par an de trésorerie d’entreprise, défiscalisable à 60 %. Donc au final pour un budget de 15 à 20000 euros net par an, vous pouvez créer une fondation ». Pour Vincent Bardon le fonctionnement est idéal « La fondation de France gère tout l’administratif, apporte un cadre sécurisé et peut nous accompagner dans le repérage et la sélection de projets. Ils sont capables d’évaluer la fiabilité d’une association avec qui nous voudrions travailler. »

Pour un budget de 15 à 20 000 euros net par an, vous pouvez créer une fondation.

Une BD numérique pour sensibiliser les plus jeunes à la philanthropie

Ce projet d’Espoirs d’Enfants à Madagascar a servi de support à la création d’une BD numérique « La vague d’après » créée par Philippe Le Duc. Une BD numérique en libre accès* que Vincent Bardon aimerait voir diffuser dans les écoles « pour sensibiliser les plus jeunes à la philanthropie ».

*https://lavaguedapres.onrender.com

Une quarantaine de fondations abritées dans le Grand Ouest

Le nombre de création de fondation chaque année est relativement stable « Dans le grand Ouest, on compte une quarantaine de fondations abritées » détaille Virginie Gautier, déléguée au développement à la Fondation de France Grand Ouest « et 900 sur tout l’hexagone ». Parmi les causes les plus soutenues, on trouve en première position la solidarité et l’éducation puis la culture, et l’environnement qui connait un essor depuis quelques années. « Notre mission, c’est de développer la philanthropie et d’accompagner les chefs d’entreprises qui viennent à nous ». La déléguée au développement note une tendance à la mutualisation ces dernières années « De plus en plus d’entreprises choisissent une approche collective du mécénat. »

De plus en plus d’entreprises choisissent une approche collective du mécénat.

L’action des associations soutenues par les fondations

Isabelle Legendre, présidente d’Espoirs d’Enfants, est venue témoigner des actions concrètes sur le terrain réalisées avec l’aide des fondations. Parmi les projets développés, la construction d’un centre de formation théorique et pratique en aviculture pour permettre aux familles d’Antsirabe à Madagascar de se former à l’élevage de poules pondeuses, la gestion et la commercialisation d’œufs. Une façon concrète d’améliorer leurs revenus et leur alimentation.

mécénat

Raphaël Enthoven, philosophe et écrivain. Fondation Bardon ©DR

Raphaël Enthoven « tout ce qui n’est pas donné est perdu »

Le philosophe et écrivain Raphaël Enthoven était l’invité spécial de la soirée. Pendant 45 minutes l’essayiste a interrogé la salle sur les notions d’égoïsme « Face au moi, le monde ne fait pas le poids » et de générosité « comment éviter le simple contentement de soi ? ». À l’issue des différentes interventions, Raphaël Enthoven nous a confié avoir été touché par le récit d’Isabelle Legendre, présidente d’Espoirs d’Enfants. « Je l’ai trouvée habitée et dans un autre endroit que les compensations narcissiques (…) on est véritablement dans du don et ceci est intéressant. C’est ce genre de réflexe qu’on a envie d’entendre et c’était un vrai plaisir d’écouter cela. »