Couverture du journal du 17/07/2024 Le nouveau magazine

Immobilier Breton : Le Marché dans le Flou

La dissolution de l'Assemblée nationale menace la reprise du marché de l'immobilier, augurée par la légère baisse des prix et des taux de financement. Les notaires de la cour d'appel de Rennes, qui espéraient voir redémarrer les volumes de transactions en baisse de 26 % sur un an, sont "dans le flou".

Les notaires ont publié leur baromètre©SB_7Jours

Si les niveaux de vente étaient toujours à la baisse, la lueur devait venir du léger recul des prix constaté. Même le marché haut de gamme commencerait à être impacté par ces balbutiements de baisse. Pas de quoi affoler les vendeurs, tiennent à souligner les notaires de la chambre interdépartementale de la cour d’appel de Rennes ; à l’image de Nicolas Bosquet, notaire dans les Côtes d’Armor et délégué à la communication : « La hausse des prix a été si importante ces dix dernières années que les vendeurs continuent à faire des plus-values. « 

©Chambre des notaires de Rennes

Alors que la baisse des prix était attendue par les notaires pour amorcer le redémarrage des volumes, la séquence politique du moment rebat les cartes. L’instabilité suscite l’inquiétude des marchés, freinant la tendance à la baisse des taux d’intérêt. Les banques, qui avaient commencé à desserrer les robinets du crédit, risquent de rétropédaler. Sans parler de l’état d’esprit des acquéreurs, qui commençaient « à retrouver du souffle » mais qui pourraient mettre le holà sur toute projection d’avenir, en attendant la suite des épisodes politiques.

-26 % des volumes

Entre les premiers trimestres 2023 et 2024, la Loire-Atlantique enregistre la p​lus forte baisse, avec une chute de 31,2 des transactions. Seul le Morbihan semble préservé. « Les volumes sont à la baisse, mais de façon moins significative. Sans doute en lien avec le profil des acquéreurs qui comptent un peu plus de retraités et de Parisiens », livre Mathilde Tersiguel, notaire dans le Morbihan.

Le logement neuf continue d’être frappé par la crise. « Certains promoteurs commencent à faire une croix sur leur marge pour se libérer un peu de leur stock », rapporte Nicolas Bosquet. « À Rennes, il n’y a plus de programmes neufs, les volumes s’effondrent, avoisinant les – 50 % de transactions », illustre Damien Gueguen.

©Chambre des notaires de Rennes

-0,7 % sur les prix

En l’espace d’un an, les prix ont diminué de 0,7 % en Bretagne historique, avec des baisses de 3,7 % en Loire-Atlantique et de 1,5 % en Ille-et-Vilaine. Les baisses de prix sont tractées par les métropoles : Rennes, par exemple, où la baisse de prix est « entérinée, d’après Damien Gueguen. C’est un effet de la baisse des prix à Nantes ». La tendance est confirmée par les chiffres des avant-contrats, autrement dit des promesses de ventes. Des villes comme La Baule, qui jusqu’ici ne connaissait pas de baisse, enregistre une évolution de -3,1 % en un an sur le prix médian des maisons anciennes.
Tout comme pour les volumes, le Morbihan se démarque et résiste encore à la baisse des prix.

Les donations aux enfants en augmentation

« Les apports des futurs acheteurs viennent principalement d’une aide familiale », constatent les notaires, qui rapportent que, sur le premier trimestre 2024, les donations familiales sont en augmentation. Une alternative pour gonfler le montant d’un apport : le prêt familial. Sans plafond de montant, il peut prévoir des conditions, tel qu’un taux d’intérêt, et il est transformable en dons dans le temps.