Créée en 2007 et codirigée par Edwige Le Douarin et Martin Werckmann, Aquatiris compte 33 collaborateurs répartis entre son siège de Bréal-sous-Montfort (Ille-et-Vilaine) et son site alsacien de Schiltigheim, dédié à la recherche et au pilotage de l’export pour des raisons géographiques. Avec un chiffre d’affaires supérieur à 10 millions d’euros en 2025, Aquatiris vise 3 000 installations sur l’ensemble de l’année 2026.
Au mois de mars, deux de ses projets de recherche, à savoir PhytoToiture (en partenariat avec le groupe strasbourgeois Soprema) et PhytoRéut, ont été distingués par l’appel à projets Innov’eau de l’Ademe dans le cadre de France 2030. Une reconnaissance, à l’heure où les canicules successives placent la gestion de l’eau au cœur des préoccupations.
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Aujourd’hui, le réseau s’appuie sur 65 franchisés et 130 entreprises installatrices partenaires avec un objectif de 4 000 installations annuelles d’ici cinq ans. Le principe est aussi simple qu’ancien : un massif filtrant planté de roseaux ou d’iris reçoit les eaux usées d’une habitation, les bactéries qui se développent autour des racines dégradent la pollution organique et les plantes pompent les nutriments. À l’arrivée, le client bénéficie d’une eau propre et d’un coin de jardin transformé en mini-zone humide.

Exemple de jardin d’assainissement. ©Aquatiris
Si le ticket d’entrée est d’environ 20 % plus élevé qu’une fosse septique traditionnelle, l’installation se révèle plus avantageuse sur la durée du fait d’un entretien moins coûteux – et personnel : pas de vidange, ni de pièces d’usure.
Deux projets distingués par France 2030
Faire mieux avec le vivant. C’est sur cette doctrine, que les deux projets distingués par France 2030 font sens. PhytoToiture, qui vise à installer un jardin d’assainissement de très grande taille sur le toit des immeubles, à traiter sur place les eaux grises et à alimenter les chasses d’eau et PhytoRéut, porté en propre par l’entreprise avec quatre laboratoires de Toulouse (31), Montpellier (34) et Alès (30), qui doit produire une nouvelle génération de filtres plantés permettant de valoriser l’eau traitée pour l’irrigation. Cinq ans de R&D en perspective.
Les canicules qui frappent de manière plus régulière le territoire rendent ces chantiers plus actuels encore. Parce qu’ils s’apparentent à des zones humides, les massifs plantés créent des îlots de fraîcheur, abritent une biodiversité locale et résistent aux longs épisodes secs. L’export, lui, est venu sans plan d’attaque : Allemagne, Belgique, Suisse… Le bouche-à-oreille a fait le reste.
On a tendance à enterrer ce qu’on ne veut pas voir, y compris l’assainissement.
Le responsable du pôle commerce, Steeve Tessier, veut renverser une habitude bien ancrée : « On a tendance à enterrer ce qu’on ne veut pas voir, y compris l’assainissement. » L’avenir, à l’heure des restrictions d’usage et des tensions sur la ressource, sera peut-être à fleur de jardin, oserions-nous dire.