PORTRAIT. Daniel Guéguen, franc-tireur

Du haut de ses 77 ans, Daniel Guéguen n’a rien perdu de sa verve. Né à Brest en 1949, ex-patron du sucre européen puis secrétaire général du Copa-Cogeca, premier syndicat agricole du continent, l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur l’UE a passé un demi-siècle à défendre une idée : le lobbying est un métier, une culture et une façon d’aller à la castagne pour peser.

Daniel Guéguen, lobbyiste européen. DR

Celui qui vit aujourd’hui à Bruxelles n’a pas sa langue dans sa poche. Dans un univers parallèle, il figurerait à la tablée des Tontons Flingueurs, empruntant la hardiesse de Lino Ventura et la faconde de Bernard Blier. Il fixe, cherche le mot juste et tranche. Dans le passé, dit-il, il fut « très clivant ». Mais rien n’entame sa ligne par les temps qui courent : celle d’un homme qui s’est toujours voulu maître de ses projets et qui a assumé ses choix, souvent contre la pensée dominante.

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Daniel Guéguen est issu d’une famille modeste ; la vocation précoce : « J’avais une vocation de journaliste. J’ai fait plusieurs voyages pour Le Télégramme tout jeune, à l’étranger. » De ces reportages, naît un rapport au monde qu’il ne quittera plus. Voir large, se déplacer, refuser toute forme d’assignation. Une expérience de cadre après Sciences Po Paris, en même temps que celle de consultant, et puis une opportunité qui change tout au tournant des années quatre-vingt : « On me faisait gagner cinq grades en une seule fois. Du poste d’adjoint à un poste de directeur général d’un seul coup, pour aller défendre le sucre européen. » Il p…

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