Celui qui vit aujourd’hui à Bruxelles n’a pas sa langue dans sa poche. Dans un univers parallèle, il figurerait à la tablée des Tontons Flingueurs, empruntant la hardiesse de Lino Ventura et la faconde de Bernard Blier. Il fixe, cherche le mot juste et tranche. Dans le passé, dit-il, il fut « très clivant ». Mais rien n’entame sa ligne par les temps qui courent : celle d’un homme qui s’est toujours voulu maître de ses projets et qui a assumé ses choix, souvent contre la pensée dominante.
LIRE AUSSI : Bruxelles : quand Produit en Bretagne teste sa place dans l’Europe de demain
Daniel Guéguen est issu d’une famille modeste ; la vocation précoce : « J’avais une vocation de journaliste. J’ai fait plusieurs voyages pour Le Télégramme tout jeune, à l’étranger. » De ces reportages, naît un rapport au monde qu’il ne quittera plus. Voir large, se déplacer, refuser toute forme d’assignation. Une expérience de cadre après Sciences Po Paris, en même temps que celle de consultant, et puis une opportunité qui change tout au tournant des années quatre-vingt : « On me faisait gagner cinq grades en une seule fois. Du poste d’adjoint à un poste de directeur général d’un seul coup, pour aller défendre le sucre européen. » Il p…