Couverture du journal du 02/12/2022 Consulter le journal

SNSM, Société nationale de sauvetage en mer : La solidarité des gens de mer

En complément du sauvetage au large, la SNSM forme chaque année près de 1 500 jeunes, affectés ensuite à la surveillance des plages, selon les demandes des maires. Cet été 2021 en Ille-et-Vilaine, 48 nageurs sauveteurs de la SNSM veillent sur nos bains de mer à Saint-Malo, Saint-Briac et Saint-Lunaire.

SNSM Saint Malo

©SNSM_STMALO

« Mes grands-parents faisaient partie de la SNSM, alors oui, ils étaient fiers de me voir y entrer à mon tour. » Cela fait ainsi 6 saisons que Clara assure la sécurité de nos jeux de plages. Cet été 2021 elle le passera au poste de secours N°8 du Minihic à Saint-Malo. Chute dans les rochers, malaise, assistance à baigneurs, « 1 500 personnes ont été soignées sur la dizaine de plages que nous surveillions l’an passé à Saint-Malo et Saint-Briac », indique Frédéric Guéné, directeur délégué de la SNSM en Ille-et-Vilaine.

Frédéric Guéné, directeur adjoint du centre de formation de la SNSM d’Ille-et-Vilaine

Frédéric Guéné,
directeur adjoint du centre de formation
de la SNSM d’Ille-et-Vilaine ©LM-Jours

« Il y a beaucoup de bobologie, on comptabilise tout de même une quarantaine d’accidents graves l’an passé. À cela s’ajoutent les enfants égarés/retrouvés, et les conseils dispensés car les gens se renseignent auprès de nous avant de passer en pharmacie et d’effectuer leurs soins à la maison. »

300m de zone d’intervention… depuis la laisse de mer

©LM_7jours

Si l’on repère facilement les bouées jaunes délimitant la zone de baignade surveillée, le secteur d’intervention du ressort de la mairie est en fait bien plus fluctuante. « Et oui, elle est variable, comme la marée ! » sourit Frédéric Guéné. « En fait c’est la plage et la bande côtière jusqu’à la limite des 300 mètres… depuis la laisse de basse mer. La limite fluctue donc en fonction de la marée. » (Ndlr : la laisse de mer, vous ne connaissez pas ? On appelle laisse de mer l’ensemble des éléments déposés sur la plage par la mer à chaque marée. Amas d’algues, de bois flottés, coquillages, qui montre le niveau le plus haut de la mer sur le sable la marée précédente.)

Un service de la mairie

Les nageurs sauveteurs de la SNSM ne sont pas les seuls à assurer la sécurité sur le littoral. Si les pompiers se sont retirés de cette charge, les CRS et d’autres associations locales y participent selon les appels d’offres des communes. La SNSM reste le premier acteur national, couvrant 35% des plages surveillées de France. En Ille-et-Vilaine en 2021, ils sont 48 à se répartir la surveillance de 10 plages à Saint-Malo, 4 plages à Saint-Lunaire et 2 plages à Saint-Briac. « Six personnes sont logées à la base de Saint-Malo, car ce sont des affectations nationales, selon leurs vœux… même s’il y a beaucoup de jeunes locaux ! Après la formation on est assuré de travailler l’été sur une plage en France.»

La formation, un pilier chez la SNSM

« Devenir sauveteur à la SNSM, cela nécessite 2 ans de formation que l’on peut débuter dès 16 ans…. Et avec un emploi assuré sur une plage l’été de ses 18 ans révolus ! » précise Frédéric Guéné. La formation est un point essentiel à la SNSM, et ce depuis l’origine de l’institution, tout comme les valeurs altruistes. Car cette association est le regroupement de deux entités*, dont la Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons, qui portait comme valeur non seulement le sauvetage mais aussi « une société de bienfaisance, de moralisation et d’encouragement au bien ». « Nous avons en Ille-et-Vilaine 120 personnes en formation initiale chaque année, pour des cours de secourisme, de sauvetage aquatique, permis bateau, radiotéléphonie, pilotage en mer… »
Se former avant 16 ans ? : « Depuis 10 ans nous avons un partenariat avec l’association malouine Sports Mer Santé, qui prend en charge les jeunes dès huit ans. Ils font de la nage en mer, de la planche comme le paddle ou le body-surf, apprennent aussi des gestes de premiers secours. C’est un vivier de jeunes très impliqués ! »

La SNSM, un archipel de stations

Cette partie « surveillance de plage » est un des maillons de cette organisation tentaculaire. On ne peut omettre également les stations de sauvetage embarqué, en mer. C’est en France 9 000 personnes engagées, bénévolement et gratuitement à la SNSM pour le sauvetage au large et sur le littoral français. Et la Bretagne compte – de par son histoire maritime et ses récifs capricieux – un vivier important de sauveteurs. À la station de Dinard ce sont pas moins de 48 personnes qui se mobilisent au fil de l’année, dont 5 patrons de bateau, des équipiers, 7 plongeurs bouteille, médecin et mécano. On compte sur le littoral bretillien 5 stations de sauveteurs embarqués : Cancale, Saint-Malo, Dinard, Saint-Briac, et Saint-Suliac.

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© SNSM

Une armada de bénévoles

« Nous formons de plus en plus des patrons de bateaux » indique Frédéric, qui est un équipier embarqué de la station de Saint Malo. « Car il y a moins de personnes issues de la marine marchande : depuis 15 ans ce sont plutôt des plaisanciers qui s’engagent. Ces derniers doivent être formés au secours en mer, car c’est très spécifique. Ils sont formés au Pôle mer de la SNSM à Saint-Nazaire. Et chaque année nous avons sur nos centres de formation et d’intervention (CFI) de Rennes et Saint-Malo une centaine de personnes en formation continue, afin de se maintenir à niveau et opérationnel. Être sauveteur, équipier, c’est un engagement qui peut aller de 100 à 300h par an. Bénévolement, faut-il le rappeler ! »

Toute la flotte réparée à Saint-Malo

Depuis 2018 le nouveau Pôle de soutien de la flotte (PSF) de la SNSM est basé à Saint-Malo. Entretien, réparation, c’est un pôle naval pour l’ensemble de la flotte de la SNSM, c’est également un pôle d’expertise technique. Installé sur le quai du bassin Jacques Cartier, ce bâtiment de 1 500 m2 a représenté un investissement de près de 3 millions d’euros. Le terrain a lui été mis à disposition par la ville de Saint-Malo.

L’association financée à 80% par les fonds privés

Accroissement du nombre de plaisanciers, diversification des loisirs nautiques, nouvelles pratiques à risques, la SNSM – association reconnue d’utilité publique depuis 1970 – a besoin de soutien financier. L’association est propriétaire d’une flotte de
plus de 785 embarcations, notamment des navires hauturiers, des vedettes, des semi-rigides, des pneumatiques, des scooters des mers, etc. Le carburant, les entraînements, les formations, l’entretien des navires… ce sont par exemple 140 unités qui devront être renouvelées dans les dix prochaines années, occasionnant un investissement d’environ 100 millions d’euros. Le fonctionnement de la SNSM repose essentiellement (à 80%) sur la générosité du public, des associations et des entreprises mécènes. En juin dernier une nouvelle campagne d’appels aux dons a été lancée, avec l’objectif de récolter 200 000 euros d’ici à la fin de l’été. Dons déductibles des impôts à hauteur de 66 % pour les particuliers, dans la limite de 20% du revenu imposable.
Dons : Snsm.org

*Un peu d’histoire !

En 1873, à l’instigation d’Henri Nadault de Buffon, arrière-petit-neveu du grand naturaliste et avocat général à Rennes, est créée la Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons. Son fondateur précise dans le projet associatif, que la SHB « est à la fois une institution de sauvetage et de sauveteurs et une société de bienfaisance, de moralisation et d’encouragement au bien». En parallèle, la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés existe depuis 1865, à l’initiative de l’amiral Rigault de Genouilly, avec des stations en Bretagne, dès 1865 à Audierne et Saint-Malo ; à Groix, Roscoff et Ouessant en 1866 et au Conquet et sur l’île de Sein en 1867. À la sortie de la seconde guerre mondiale et à la demande des pouvoirs publics, ces deux Sociétés fusionnent pour donner naissance à la Société Nationale de Sauvetage en Mer en 1967. Dès 1969 sont créés les premiers centres de formation des nageurs sauveteurs, à Rennes, Nantes, Paris et Marseille.