Couverture du journal du 27/01/2023 Le magazine de la semaine

[ Dossier 2023 ] Les dispositifs de formation

Le budget 2023 annoncé pour l’emploi et la formation professionnelle est en hausse de 6,7 milliards d’euros pour atteindre un montant de 31 milliards. Toutefois certains dispositifs sont revus pour alléger le déficit de France Compétences, creusé par la forte croissance de l’apprentissage et le déploiement du CPF. Un effort est également mis sur l’adaptation des compétences aux besoins du marché.

Certains dispositifs de formation sont revus pour alléger le déficit de France Compétences. ©Shutterstock

Certains dispositifs de formation sont revus pour alléger le déficit de France Compétences. ©Shutterstock

Sous l’effet de la loi de 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, le nombre d’apprentis a augmenté de 132 % entre 2018 et 2021 et le nombre d’utilisateurs du compte personnel de formation (CPF) a doublé chaque année. Résultat, France Compétences accuse un déficit depuis sa création. En 2023, il devrait atteindre 2,1 milliards d’euros. Des décisions structurelles ont donc été arrêtées, notamment sur les prises en charge du CPF et le montant des aides à l’embauche des alternants.

CPF : un reste à charge en 2023

En 2023, le salarié devra régler une partie de la formation qu’il souhaite suivre. Le montant de ce reste à charge sera proportionnel au coût de la formation. 10 %, 20 % ? La somme n’est pas encore fixée, elle le sera par décret courant 2023. Cette mesure fait bondir l’ancienne ministre du Travail, Muriel Penicaud, à l’origine du dispositif. « Imaginez quand vous êtes au SMIC ! Même 50 euros, c’est 50 euros de trop ! », s’est-elle indignée dans le JDD. Toutefois, les demandeurs d’emploi n’auront pas à régler ce complément. Depuis son lancement en 2019, le dispositif comptabilise, en cumulé, plus de 5 millions d’inscriptions en formation pour un coût pédagogique global de 6,7 milliards d’euros.

Apprentissage : l’aide aux entreprises baisse de 2000 euros pour les + de 18 ans

Avec une enveloppe de 3,5 milliards d’euros d’aide à l’embauche d’alternants, le Gouvernement confirme son soutien à l’apprentissage et aux contrats de professionnalisation. Le fléchage de ces aides est toutefois revu pour favoriser l’embauche des apprentis de niveau bac ou inférieur. Le montant alloué aux entreprises pour l’embauche d’un alternant passe à 6000 euros pour la première année d’exécution du contrat. En 2022, c’était 5000 euros pour un jeune de moins de 18 ans et 8000 euros pour un alternant majeur. Une baisse de 2000 euros, donc, pour l’embauche d’un alternant de plus de 18 ans.

Un plan en faveur des transitions professionnelles

Transformation des métiers, besoin de développer de nouvelles compétences… Afin de faire face aux évolutions du marché du travail, le Gouvernement a mis en place deux dispositifs de formation des salariés, en lien avec les partenaires sociaux. Le dispositif « Transitions collectives », doté de 50 millions d’euros, permet aux entreprises d’un secteur d’anticiper des mutations économiques en accompagnant leurs salariés. Leur rémunération est sécurisée, dans leur reconversion sur des métiers porteurs, au sein de leur bassin de vie et d’emploi. Une enveloppe de 300 millions d’euros est également consacrée au FNE (Fonds national pour l’emploi), dispositif qui accompagne les entreprises proposant des actions de formation concourant au développement des compétences de leurs salariés et structurées sous la forme de parcours.