Couverture du journal du 27/11/2020 Consulter le journal

Experts-comptables : partiellement confinés, …totalement mobilisés !

Depuis fin octobre, suite aux annonces de reconfinement, les cabinets d'expertise-comptable actualisent au fil des semaines les mesures destinées aux entreprises. Ils s'adaptent pour garder le contact avec leurs clients, tout en maintenant une organisation dynamique de leur cabinet, avec la mise en place partielle du télétravail.

cabinets d'expertise-comptable

Photo de energepic.com provenant de Pexels

Stéphane Kerdat, président du CROEC de Bretagne (jusqu’à fin novembre), nous dresse un état des lieux de l’activité des cabinets d’experts-comptables.

Comment les structures s’organisent pour ce reconfinement ?

Stéphane Kerdat © DR

Stéphane Kerdat © DR

Au sein de notre cabinet on peut dire que nous avons environ un tiers des collaborateurs en télétravail. Les décisions ont été prises au cas par cas, en fonction de nombreux critères, au-dessus desquels prévaut la santé. Mais cela reste compliqué de travailler à distance, plusieurs raisons à cela :

  • La partie technique informatique pose la question de l’usage des ordinateurs personnels des salariés – nous avons donc investi dans du matériel, mais surtout pose la question de la sécurité et la confidentialité des données des clients.
  • Le service client : même si nous privilégions les échanges à distance, le client est très souvent demandeur de contact, de nous rencontrer.
  • La solitude du travail à domicile est aussi à prendre en Il peut y avoir une perte de repère, perte de liens. Il faut rester à l’écoute des collaborateurs pour définir la solution la plus adéquate.

 

Est-ce que c’est la même frénésie de dossiers et de demandes de clients, qu’au premier confinement au printemps dernier ?

Non, il y a plus de sérénité dans l’appréhension des divers dispositifs de la part des entrepreneurs. Reports d’échéances fiscales et sociales, prêts, ils ont tout cela en tête. Pour le chômage partiel, ils savent comment cela fonctionne aussi, et il n’y a pas de surcharge du côté du site de la Direccte car les dossiers sont déjà ouverts, c’est plus fluide.

 

Quid des demandes de l’aide allant jusqu’à 10 000 € via le Fonds de solidarité ?

Pour cette indemnisation de novembre, chaque entreprise calculera le manque en chiffre d’affaires et sera éligible en fonction de son secteur d’activité. Le dossier sera fait en décembre, donc il n’y a pas de multiples questions à ce jour. De plus, cela concerne les entreprises fermées administrativement, or il a y quand même un nombre assez important qui continuent de travailler, comparativement au printemps dernier. Nous ne sommes pas sur-sollicités sur ce sujet.

 

Quelle est l’atmosphère chez vos clients ?

C’est très spécial. Les chefs d’entreprise sont tendus… c’est une période très difficile, certains deviennent odieux parfois tellement ils sont à bout. S’excusant après, mais voilà, en fait certains ne voient pas le bout du tunnel. Je vois aussi des réactions inhabituelles : des entrepreneurs qui pensent à vendre leur affaire et partir à l’étranger couler des jours calmes, d’autres qui veulent clore certains dossiers et ne plus avoir toutes ces préoccupations. C’est assez bizarre. Nous essayons de les accompagner au mieux. C’est là que la relation client prend un sens particulier.

 

Une mission « d’aidant » ou « d’accompagnateur », qui peut devenir un engagement trop prégnant ?

Oui, nous sommes pleinement investis et cela peut devenir une charge mentale trop importante. J’en profite pour saluer une nouvelle fois le dévouement des experts-comptables bretons, et de leurs 7 000 collaborateurs au service des entreprises bretonnes. En cette période très tendue, nous avons d’ailleurs réactivé pour eux, un soutien psychologique via la plateforme Pros-Consulte. C’est gratuit (pris en charge par le Conseil Régional de l’Ordre), anonyme, confidentiel, totalement dédié aux experts-comptables et aux collaborateurs, s’ils le souhaitent ou en ressentent le besoin.