Couverture du journal du 23/09/2022 Consulter le journal

Aéroport de Dinard, objectif 2024

En avril 2021, la direction de l’aéroport de Dinard annonçait l’arrêt des vols commerciaux de Ryanair, seule compagnie, à l’époque, à faire décoller et atterrir des avions à Dinard. Si, aujourd’hui, la CCI d’Ille-et-Vilaine travaille pour faire revenir des compagnies sur le tarmac, la piste a vu, cet été, quelques avions d’affaires de la compagnie L’Odyssey.

Dinard, aéroport

Chaque avion de la compagnie L’Odyssey en partance de Dinard fait escale à l’aéroport de Deauville © L’Odyssey 2021

La compagnie Ryanair a exercé jusqu’à 3 lignes en direct de Dinard vers la Grande-Bretagne. En raison du Covid, elle décide d’arrêter la dernière ligne commerciale entrainant la fermeture de l’aérogare.

« L’aéroport n’est pas fermé ! précise Laurent Giboire, président du conseil stratégique des aéroports de Rennes et Dinard (SEARD). Il accueille l’ensemble des avions qui, aujourd’hui, souhaitent atterrir à l’aéroport. Seules les compagnies aériennes peuvent décider de revenir sur Dinard. Nous avons évidemment des contacts avec toutes les compagnies. Nous sommes en train de travailler pour des destinations en 2024 et pourquoi pas 2023 ».

Nous sommes en train de travailler pour des destinations sur 2024 et pourquoi pas 2023

Trouver des schémas de financement

De nombreuses compagnies aériennes sont en convalescence financière, quand d’autres ont déjà déposé le bilan. Mais l’aéroport assure avoir continué à faire les investissements nécessaires, permettant le retour d’une compagnie commerciale sur place.

« Néanmoins, cela ne se fera, de toute façon, qu’avec un appui local et politique fort. C’est une destination qui nécessite de co-financer ou de trouver des schémas de financement pour permettre d’assurer ces lignes », confie Jean-Philippe Crocq, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) d’Ille-et-Vilaine. L’aéroport de Dinard, propriété de la Région Bretagne, reste aujourd’hui déficitaire mais dans des proportions « nettement moindres » qu’auparavant, selon la CCI.

Nous n’avons jamais vu autant d’avions sur le tarmac de Dinard, notamment pendant le jumping

« Il a eu une activité, cet été, relative- ment importante et en croissance pour les vols de loisirs et d’affaires. Nous n’avons jamais vu autant d’avions sur le tarmac de Dinard, notamment pendant le jumping », assure Laurent Giboire. Une activité d’aviation d’affaires qui est peu ou prou supérieure à 2019. La direction s’attend à la même effervescence lors de la Route du rhum.

Une bonne nouvelle pour la société française L’Odyssey, spécialisée dans les vols régionaux à vocation loisirs et affaires. L’opérateur aérien opère la liaison Genève- Dinard une fois par semaine, le dimanche, depuis le 24 juillet dernier. « Nous avons regardé quelles étaient les destinations qui manquaient au départ de Genève et celles difficilement desservies. La communauté de suisses francophones ayant une maison secondaire à Dinard a aussi été déterminant dans notre choix. Dinard cochait toutes les cases », affirme Clément Pellistrandi, fondateur de L’Odyssey.

L’Odyssey satisfait de son début de saison

En 3 allers-retours, la compagnie a enregistré une trentaine de clients sur ses vols.

« Aujourd’hui, nous remplissons nos avions en faisant des liaisons : Dinard – Deauville – Genève. Les passagers en partance de Dinard font une escale d’une demi-heure, sans sortir de l’avion, à Deauville. Cela nous permet de remplir l’avion et de ne pas faire un vol à vide ». Des vols opérés en SAAB 340B, un appareil turbopropulseur d’une capacité standard de 33 sièges mais que la compagnie a converti en 27 fauteuils. Le prix du trajet est compris entre 200 et 400 euros.

Les vols d’affaires de L’Odyssey se termineront le 1er octobre prochain. « Nous ne visons que la saison touristique estivale. Bien évidemment, le but est de revenir l’année prochaine et de porter un projet à plus long terme ». Un objectif qui semble être partagé par le président de la CCI.

« Si eux souhaitent continuer et que l’activité est au rendez-vous, bien entendu nous n’avons aucun problème à ce qu’ils restent. Nous sommes un aéroport donc nous accueillons les compagnies qui sont capables de remplir leurs avions ».

Un bémol toutefois, « en comparaison des autres aéroports où nous avons été aidés en termes de communication, de présence auprès des acteurs locaux, nous n’avons eu aucune aide de Vinci Airports sur Dinard (actionnaire à 49% de la SEARD). Notre présence pour l’année prochaine va clairement dépendre de leurs stratégies pour l’aéroport », déplore Clément Pellistrandi.

 

« Sabena est la priorité absolue ! »

La SEARD conserve également les activités de maintenance aéronautique de Sabena Technics. Les élus souhaitent assurer le développement du groupe dans la région. En effet, l’entreprise compte plus de 600 emplois directs sur le site de Dinard, une activité essentielle pour le territoire de la côte d’Emeraude, et du pays de Dinan. À noter également qu’un salarié sur deux habite dans les Côtes d’Armor. « Sabena est la priorité absolue pour l’ensemble des élus, régions et collectivités. »