Couverture du journal du 16/04/2021 Consulter le journal

Commerces : pas d’engouement pour le dimanche

La crise sanitaire a bousculé le calendrier des commerçants. S’ils le souhaitent, ils ouvriront tous les dimanches du mois de janvier. Quant aux soldes, elles débuteront le mercredi 20 janvier 2021 au lieu du mercredi 6 initialement prévu. Une bonne chose ?

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Sur le papier, tout est fait pour booster les ventes des commerçants. La préfecture de Bretagne a en effet autorisé à titre exceptionnel l’ouverture des commerces du département les dimanches 3, 10, 17, 24 et 31 janvier 2021. Cette mesure répond « à la nécessité de mieux réguler les flux de clients et de permettre aux commerçants de compenser les baisses d’activité et de chiffres d’affaires liées aux périodes de fermeture dans le cadre des confinements », indique le préfet d’Ille-et-Vilaine Emmanuel Berthier. Des ouvertures élargies qui devraient également dynamiser les soldes, qui auront lieu cette année du 20 janvier au 16 février inclus.

Mais ça, c’est la théorie. Si sur le terrain on salue l’initiative, les commerçants restent sceptiques sur la pertinence d’ouvrir boutique le dimanche. Pour Florence Limon, responsable du magasin rennais de prêt-à-porter pour homme, Giorgio, la question reste ouverte « On s’interroge encore sur notre ouverture le dimanche. Cela représente un coût supplémentaire et l’expérience nous apprend que les gens consomment beaucoup moins ce jour-là. » Une majorité des commerçants contactés précisent d’ailleurs qu’ils n’ouvriront que le dimanche 24, dimanche des soldes. C’est le cas notamment des Galeries Lafayette. « Les gens ont changé leurs habitudes et étalent leurs achats sur la semaine, on note une plus faible fréquentation des commerces le week-end par rapport à 2019 » analyse Stéphanie Verrimst, déléguée générale de l’Union du Commerce à Rennes.

Une date de soldes repoussée au 20 janvier, mais une cascade de ventes privées depuis Noël…

Dans un sondage remonté par l’Union du Commerce de Rennes*, 60 % des commerçants interrogés ont une vision plutôt pessimiste de l’activité pour ce début d’année 2021. 25 % ont mis en place des ventes privées dès la fin décembre, et ce jusqu’aux soldes qui ont été décalées au 20 janvier, avec l’inquiétude d’un troisième confinement qui de fait, les annulerait.

On se retrouve à brader tout le temps, cela abîme les marques.

Mais pour les commerçants indépendants, cette déferlante de ventes privées dès le lendemain de Noël à un goût amer. « Nous avons dû nous aligner. Du coup, nous sommes contraints de faire des remises plus tôt que prévu. Avec ensuite des soldes jusqu’au 16 février… c’est trop long, on se retrouve à brader tout le temps, cela abîme les marques », regrette Florence Limon.

Sentiment partagé par la commerçante indépendante du centre-ville Maryse Kerdoncuff de la boutique Des Étendues « C’était une bonne idée. Cela nous permettait de vendre un peu plus en janvier au juste prix pour déstocker ensuite. Mais il y a des ventes privées partout… les grandes enseignes les pratiquent au maximum. Nous, petits commerçants nous ne pouvons pas nous aligner, c’est le pot de terre contre le pot de fer. Le risque c’est l’uniformisation de nos centres-villes, que les petites boutiques atypiques qui donnent une âme à une ville disparaissent… ».

Décembre : le mois de rattrapage

Les périodes de fêtes de fin d’année ont été assez mitigées pour les commerces avec des flux changeants : moins de monde sur les week-ends, plus en semaine. Les paniers moyens supérieurs ont rattrapé les pertes des périodes de confinement pour certains secteurs d’activité (parfumerie, culture, loisir). Le chiffre d’affaires global sur cette période par rapport à 2019 est en progression pour 66 % des commerces ayant répondu au sondage de l’Union du commerce . Le taux de transformation a plutôt été meilleur que l’an passé.

Moins de monde sur les week-ends, plus en semaine.

Les recettes des dimanches d’ouverture de décembre ont globalement déçu les commerçants. L’activité du dimanche 13 décembre a satisfait 30% des commerces répondant, 50 % étaient déçus et 20 % n’ont pas ouvert. L’activité du dimanche 20 décembre a satisfait 33 % des répondants, 59 % étaient déçus et 8 % sont restés fermés. Comparée à l’an dernier à la même période, la trésorerie des commerces est stable pour 42 %, en hausse pour 33 % et en baisse pour 25 %. Les effectifs salariés sont stables pour 60 % des commerces, 25 % ont du réduire leur personnel et 15 % ont fait des embauches.

 

* Sondage réalisé par l’union du Commerce Rennais. 200 répondants à l’enquête.