Couverture du journal du 15/10/2021 Consulter le journal

K-ryole, la remorque à assistance électrique

250 kg transportés grâce à une remorque intelligente accrochée à un vélo électrique, un cycliste qui roule sans effort même sur une forte pente. Avec sa technologie avancée, K-Ryole ouvre la voie de la mobilité douce au secteur de la logistique urbaine et répond à la problématique du dernier kilomètre.

K-ryole

Lauréat en 2018 du grand prix de l’Innovation de la Ville de Paris, K-Ryole s’adresse aux professionnels du secteur de la livraison dans les zones urbaines. Une problématique de taille quand on sait que le dernier kilomètre est le plus coûteux. À l’échelle nationale, il pèse environ 20 % du trafic, occupe 30 % de la voirie et se trouve être à l’origine de 25 % des émissions de gaz à effet de serre. Des enjeux auxquels K-Ryole veut répondre « Nos remorques sont électriques et répondent aux problématiques environnementales de nos villes. Et puis avec leur 85 cm de large, elles passent sur pistes cyclables, voies de bus et sont utilisables à la main sur les derniers mètres piétons. Elles divisent ainsi par 2 à 3 le temps de circulation, ce qui est le principal coût logistique sur le dernier kilomètre », explique Mathieu Colligon, responsable commercial de la marque.

Certes, vélos cargo et triporteurs font déjà partie du paysage urbain. Les modèles à assistance électrique sont utilisés depuis plusieurs années par des transporteurs. Mais ces véhicules sont limités par la législation à une puissance de 250 watts ce qui n’autorise pas le transport de charges lourdes, sans effort. Une restriction qui limite encore l’usage des vélos équipés d’une charrette, dans le secteur logistique.

K-ryole

La startup française K-Ryole résout ce problème en motorisant sa remorque grâce à deux moteurs de 1500 watts logés dans ses roues. L’ingéniosité du procédé réside dans l’intégration d’un capteur intelligent embarqué. Lorsqu’il avance, le cycliste n’a pas à tirer la remorque, et lorsqu’il freine, la remorque ne le pousse pas. Les moteurs réagissent instantanément pour annuler le poids du chariot et de son chargement. « Ce capteur permet de reconnaitre en temps réel l’allure du cycliste et de s’y adapter en accélérant ou freinant avec le vélo », précise Mathieu Colligon. Résultat : le vélo ne dépasse jamais la puissance autorisée de 250 watts tout en bénéficiant d’une aide électrique équivalente à 3 000 watts. Il fallait y penser ! La remorque possède une autonomie de 70 kilomètres et se recharge en 5 heures sur une prise standard.

Une performance attendue par les grands acteurs du secteur. La Poste, la plateforme du Bâtiment, Monoprix, ou encore Bricorama ont déjà opté pour cette solution. Kiloutou propose également la K-Ryole pour des locations courte-durée.

Le prix moyen pour une remorque est de 9 000 euros, un investissement vite rentabilisé pour Mathieu Colligon « Sur un périmètre de 4 km en aire urbaine dense, livrer en K-Ryole fait économiser en moyenne 9400 € par rapport à un véhicule utilitaire type Partner. 2/3 de cette économie est due au gain de temps en circulation et stationnement. Le 1/3 restant sont les frais de maintenance, stationnement et carburant le cas échéant. »

K-ryole

K-Ryole dispose d’une technologie d’annulation d’effort en temps réel brevetée © 7J – KB

Une solution pour la manutention dans le BTP

K-Ryole a voulu aller plus loin afin de faciliter la vie quotidienne sur les chantiers. La société a développé des remorques pouvant être tirées à la main sans effort. « Sur la même technologie, un châssis, une base roulante et des moteurs très puissants, nous avons ajouté un module permettant d’emmener tous types de matériel, briques, ciment, pavés, mais aussi des étais qui sont très lourds et aujourd’hui manutentionnés par des compagnons à la main », explique Mathieu Colligon. Pour développer ce module, la startup a travaillé en étroite collaboration avec des professionnels du secteur comme Bouygues, Vinci, ou Eiffage « Grâce à cette co-construction, le module répond à 90 % de leurs besoins. Il permet d’emmener tous types de charges jusqu’à 400 kg à la main sur tous les chantiers avec des roues crantées type motocross. La maniabilité de la remorque limite les risques de TMS. »

Depuis son lancement en 2016, la startup connait un fort développement de son activité. 300 véhicules sont aujourd’hui en circulation, 200 en logistique urbaine, une centaine sur la partie chantier BTP. « Notre chaine de production est basée à Paris et nous permet de sortir 30 à 40 véhicules par mois. Nous allons ouvrir un nouveau site de 4 500 mètres carrés au printemps 2021 à Tonneins, entre Toulouse et Bordeaux, permettant la fabrication mensuelle de 300 pièces. » La startup distribue ses remorques en France et en Belgique et prévoit un développement sur le marché européen.