Couverture du journal du 17/09/2021 Consulter le journal

Pass sanitaire, comment les professionnels ont-ils réagi aux annonces ?

Sortir de la pandémie et passer enfi n à autre chose : c’est ce à quoi aspirent les Français, et parmi eux les entreprises. Mais après l’annonce de l’extension du pass sanitaire par le président de la République lundi 12 juillet, de nombreuses questions restent en suspens.

Pass sanitaire

© Franck_Hamon

Yves Sutter PDG de Soredic

Yves Sutter PDG de Soredic ©LM – 7Jours – Archives

Organisation, calendrier, moyens… Les mesures annoncées n’ont pas manqué de faire réagir les professionnels, à commencer par les cinémas, lieux de culture dans lesquels les mesures sont appliquées depuis le 21 juillet. « Nous sommes prêts à faire des efforts mais nous ne comprenons pas le calendrier, ni pourquoi nous sommes visés en premier », s’interroge Yves Sutter, PDG de Soredic, qui compte parmi ses filiales Cinéville. « Dans les cinémas, les gens portent le masque du début à la fin, ce qui n’est pas le cas dans d’autres lieux », explique-t-il. Des conditions selon lui peu propices à la transmission du virus et qui rendent difficile la compréhension d’un calendrier qui « ne respecte pas la hiérarchie des risques selon les lieux de contamination ».

Le PDG déplore aussi le fait que beaucoup de clients, en particulier les plus jeunes pour qui l’ouverture à la vaccination a eu lieu en dernier, ne pourront pas encore présenter de pass sanitaire. Yves Sutter craint ainsi une baisse de la fréquentation donc moins de recettes, avec en face plus de charges d’exploitation, le tout pour un bénéfice sanitaire faible. Quant aux tests PCR, pour lui, « les gens ne vont pas aller se faire tester pour une séance de cinéma »

Les centres commerciaux confrontés à des difficultés

Inquiète elle aussi de la mise en œuvre du pass sanitaire et de ses effets économiques, l’Union du Commerce du Pays de Rennes alerte sur « les difficultés auxquelles les centres commerciaux sont confrontés » alors que ceux-ci ont déjà mis en place un protocole sanitaire rigoureux. L’association de commerçants se demande notamment comment, dans un « délai aussi court », les centres commerciaux vont pouvoir organiser les contrôles de toutes leurs entrées. La question d’un recrutement rapide d’agents de sécurité se pose donc, dans un contexte estival où les agences de sécurité ont déjà du mal à recruter. Enfin, pour l’Union du Commerce, des questions demeurent : quid des commerces alimentaires et pharmacies, présents dans les centres commerciaux et dont l’accès devra être autorisé ? Et quelle est la taille des centres commerciaux dans lesquels sera contrôlé le pass ?

Les gens ne vont pas aller se faire tester pour une séance de cinéma

L’Union du Commerce pointe également l’impact à la baisse des mesures sur le chiffre d’affaires des commerçants, alors que ceux-ci sont toujours en attente des indemnisations promises en début d’année pour la prise en charge des loyers et des charges fixes. Quant à la vaccination des salariés, l’Union se demande pourquoi son obligation n’est pas alignée sur celle des aides-soignants, le 15 septembre.

Pierre Clolus

Pierre Clolus patron du restaurant l’Ambassade à Rennes et membre de l’UMIH35

Inquiétude des bars et restaurants

Du côté des bars et restaurants, l’annonce déconcerte. Pierre Clolus, patron du restaurant l’Ambassade à Rennes et membre de l’UMIH35, syndicat hôtelier, estime que cette annonce « arrive de nulle part, sans concertation ». S’il n’a pas de position de principe contre la vaccination, le problème pour lui est celui du « manque de temps et de moyens » pour mettre en place une mesure en l’état « inapplicable ». « Si je dois embaucher un vigile, qui va payer ? » Et avec de jeunes employés pas toujours vaccinés, certains établissements pourraient tout simplement ne plus pouvoir travailler.

Si je dois embaucher un vigile, qui va payer ?

Autre inquiétude : la vaccination des clients, à hauteur d’environ 60 % en Ille-et-Vilaine, laisse craindre une baisse de la fréquentation. « Si des personnes veulent réserver une table pour 6 et qu’une ou deux personnes ne sont pas vaccinées, elles ne viendront pas en effectif réduit, elles ne viendront pas du tout. »