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Scop et Scic : un modèle pérenne dans l’Ouest

En Bretagne, les Scop et Scic sont au nombre de 256 et représentent 4 676 emplois, pour 481 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elles démontrent que le développement du modèle coopératif est pérenne, malgré la conjoncture économique compliquée. Loïc Julien, directeur de l’Union régionale des Scop et Scic de l’Ouest (Bretagne, Normandie et Loire-Atlantique), livre le bilan de l’activité 2023.

Loïc Julien, président de l’Union régionale des Scop et Scic de l’Ouest ©UR Scop et Scic de l'Ouest

Loïc Julien, président de l’Union régionale des Scop et Scic de l’Ouest ©UR Scop et Scic de l'Ouest

Répartition des salariés Scop et Scic de l'Ouest (Bretagne, Normandie et Loire-Atlantique)©UR Scoc et Scic de l'Ouest

Répartition des salariés Scop et Scic de l’Ouest (Bretagne, Normandie et Loire-Atlantique)©UR Scoc et Scic de l’Ouest

« Le territoire breton est naturellement fertile pour les projets de coopération. » Loïc Julien, président de l’Union régionale des Scop et Scic de l’Ouest, confirme la tendance nationale : le modèle des Scop et des Scic est pérenne sur le territoire. En 2023, « les objectifs de création de coopératives et d’emplois sont atteints, avec 407 emplois et 37 coopératives créées dans le Grand Ouest (Bretagne, Normandie, Loire-Atlantique) ». En Bretagne, cela représente un total de 256 Scop et Scic, pour 4 676 emplois, « c’est d’ailleurs sur ce territoire que l’on retrouve le plus de sociétés coopératives. »

Scop, Scic, quelle différence ?

Une Société coopérative de production (Scop) est une forme de société commerciale coopérative qui a la particularité d’être dirigée par les salariés eux-mêmes.
Concernant les Sociétés coopératives d’intérêt collectif (Scic), il peut y avoir d’autres parties prenantes qui ont un intérêt dans le projet, un modèle fréquent pour les filières alimentaires notamment : les autres parties prenantes peuvent ainsi être des clients, producteurs, fournisseurs, habitants, associations d’usagers, etc.
À savoir : le modèle Scop existe depuis 100 ans alors que la Scic a seulement plus de 20 ans d’existence.

Scop et Scic : 481 millions d’euros de chiffre d’affaires en Bretagne

Moins dynamique qu’en 2022, les Scop et Scic gardent une évolution positive en 2023, malgré la conjoncture. En se basant sur les données de la Banque de France, les coopératives sont deux fois moins impactées que les entreprises dites « classiques » de moins de 50 salariés. Ces modèles prouvent leur résilience et leur solidité avec une croissance d’1 % de créations d’emplois par rapport à 2022 sur le Grand Ouest. Un chiffre qui grimpe à +38,1 % par rapport à 2018.

Le chiffre d’affaires des Scop et Scic bretonnes s’élève à 481 millions d’euros, sur un total d’1, 840 milliards d’euros dans le Grand Ouest, « soit 26 % de notre territoire d’action qui couvre les régions Bretagne, Normandie et Pays de Loire », et 9,4 milliards d’euros en France (+10 % de croissance par rapport à 2022).

Quatre avantages à choisir ces modèles

°La démocratie d’entreprise : « On remet au cœur du modèle démocratique de l’entreprise les parties prenantes » ;

°Tout ce qui relève de la redistribution et du partage des richesses produites : « Dans le cas des Scop, 45 % de redistribution des richesses en participation, 45 % en reserve et 10 % en dividendes en moyenne ; pour les Scic, beaucoup d’entre elles mettent 100 % des résultats en réserves » ;

°L’accompagnement des salariés dans le projet : « L’accès à la formation continue, l’implication dans le management, le lien et l’enjeu de la gouvernance et la compréhension du fonctionnement de l’entreprise… » ;

°L’impact territorial : « Le poids social en créant des emplois et des sièges sociaux sur les territoires, cela crée la richesse locale. »

Changement de modèle et transmission d’entreprises

©UR Scoc et Scic de l'Ouest

©UR Scoc et Scic de l’Ouest

Les structures coopératives apparaisent de plus en plus comme une solution avantageuse lors de transmission d’entreprise. « Plus d’1/4 des dirigeants aujourd’hui ont 60 ans et quand on sait que la transmission met 5 à 10 ans, on comprend bien l’enjeu, précise Loïc Julien. Concrètement, si l’on prend l’exemple d’un dirigeant d’une entreprise de 50 salariés dans le Bâtiment, au moment de sa transmission, le premier avantage à passer en Société coopérative est que le projet reste localisé là où il est né ; cela permet aussi aux salariés de passer à une posture de salariés associés, de devenir décideurs et donc mieux s’intégrer dans le processus de décisions. Tout le monde y gagne. »

Par ailleurs, l’Union des Scop et des Scic accompagne aussi les transformations de modèles, d’association à Scop par exemple. « Ces différents besoins expliquent aussi la croissance de ce modèle et cela continuera probablement ainsi dans les années à venir. »

L’Union régionale des Scop et Scic de l’Ouest en chiffres

• Association fondée en 1946

• Siège social à Rennes (35), agences à Caen (14) et Nantes (44)

• 25 salariés

• 547 Scop et Scic adhérentes