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CEC Ouest : Une « claque » pour la première promotion

Les 62 organisations participantes à la première Convention des entreprises pour le climat Ouest dressent le bilan d’une année de parcours vers l’économie régénérative, à Rennes. Économie circulaire, décarbonation, évolution des modèles d’affaires sont au cœur de leurs feuilles de route. Avis aux entreprises : la deuxième édition 2024-2025 est d’ores et déjà lancée.

Au premier rang : Tiphaine Turluche, Aurélie Tacquard, Sophie Leclerc. Au second rang : Nicolas Poisson et Magali Euverte, Soïg Le Bruchet ©S.Se7Jours

Au premier rang : Tiphaine Turluche, Aurélie Tacquard, Sophie Leclerc. Au second rang : Nicolas Poisson et Magali Euverte, Soïg Le Bruchet ©S.Se7Jours

Une cinquantaine d’entreprises des Pays de la Loire et de Bretagne, des associations et collectivités… Au total, 62 organisations de tous les secteurs ont participé à la première promotion de la Convention des entreprises pour le climat (CEC Ouest) en 2023, déclinaison régionale de la CEC nationale.

Ces 62 entités représentent près de 72 000 collaborateurs et un total cumulé de 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Née en 2020, CEC Ouest a pour objectif de « provoquer un sursaut collectif, chambouler les modèles des entreprises actuelles, pour basculer d’une économie extractive à régénérative », précise Sophie Leclerc, représentant l’association régionale. Soit, basculer d’un modèle d’accumulation des richesses à un modèle qui place l’entreprise au sein de l’environnement duquel elle dépend et le priorise.

« La RSE n’est pas suffisante »

Pour les participants, l’ensemble du parcours a duré dix mois. Chaque dirigeant, épaulé de son “planet champion”, un salarié particulièrement sensible à l’environnement, a ainsi participé à six sessions de deux jours dans tout le Grand Ouest.

Un succès pour Sophie Leclerc : « Beaucoup nous disaient : « je pensais savoir, mais je n’étais pas bien informé du tout ». Pour certaines entreprises, la RSE consistait simplement à cocher des cases. Or, ce n’est pas suffisant. »

Les dirigeants de Galapagos Gourmet, Neosoft, SNCF Bretagne et les Bottes d’Anémone ont ainsi accepté de livrer leurs constats à l’issue de la première édition. Chacun livre sa feuille de route (rendues publiques sur le site de la CEC) : de la « claque », en passant par « des changements dans la société », jusqu’à la « création de gros projets régénératifs », les constats sont flagrants.

Des modifications à différentes échelles

Pour certains, la prise de conscience était déjà bien engagée. « Nous proposons des fleurs françaises. Nous avons construit l’entreprise avec du bon sens et une démarche déjà respectueuse de la biodiversité, entame Tiphaine Turluche, présidente des Bottes d’Anémone à Auray (56). Malgré cela, j’ai pu comprendre, avec la CEC, que ce n’était pas suffisant. Aujourd’hui, nous allons déclencher des changements chez les fleuristes et nos fournisseurs. Il faut aller vite. »

Même bilan, à une échelle différente, pour Soïg Le Bruchec, président de Neosoft, entreprise de transformation digitale créée il y a seize ans (environ 200 millions d’euros de chiffre d’affaires) : « Invisible à l’œil nu, le numérique est tout de même polluant. Nous voulons transformer nos 10 à 15 % de croissance en collectif. Nous avons ainsi suivi la fresque du numérique et aujourd’hui, le changement passe par le choix plus sélectif des clients et des zones d’achalandage. »

Pour d’autres, « il n’y a pas encore de « grandes » modifications pour le moment car celles-ci sont difficiles pour une entreprise de distribution de gâteaux à grande échelle, précise Aurélie Tacquard, présidente de Galapagos Gourmet, dont le siège est à Rennes (500 salariés pour un chiffre d’affaires de 106 millions d’euros). Il s’agit d’améliorer notre impact carbone petit à petit ».

« Dans mon technicentre de 17 hectares, je n’avais qu’un seul arbre. »

Du côté de la SCNF, « nous avons la chance d’être dans une entreprise qui était déjà « militante«  pour l’environnement, ce qui facilite les actions », évoque Magali Euverte, directrice régionale TER Bretagne chez SNCF voyageurs. « Nous pensions être déjà bien impactant, étant dans le train. Mais nous nous rendons bien compte qu’il n’y a pas que les voyages, il y a le trajet pour arriver jusqu’aux gares aussi. »

Au-delà des voyageurs, les technicentres posent question et un projet a vu le jour après la CEC Ouest. « Nous avons lancé un défi coopératif : replanter des arbres dans le technicentre de Rennes et faire vivre de la biodiversité dans des sols pollués par des années de rails ferroviaires », détaille Nicolas Poisson, directeur du technicentre de Rennes pour SNCF voyageurs (220 personnes, 90 trains pour 17 hectares).

Des témoignages inspirants pour inaugurer la prochaine édition : les inscriptions pour 2024-2025 sont lancées.