Couverture du journal du 12/04/2024 Le nouveau magazine

Artisans taxis : Un modèle économique perturbé

La profession de chauffeur taxi est mue par de nombreux changements. Avec environ 200 artisans taxis exerçant en Ille-et-Vilaine, la concurrence des VTC est en ligne de mire, mais aussi le remboursement des transports médicalisés, en négociation actuellement avec la CPAM.

Benjamin Petit, président de la Chambre syndicale des artisans taxis d’Ille-et-Vilaine, et Philippe Closier, secrétaire général de la Confédération nationale de l'artisanat des métiers de service et de fabrication, devant une station de taxis, à la gare de Rennes. ©Charles Menguy

Environ 200 artisans taxis exercent en Ille-et-Vilaine, dont 127 rien que sur Rennes et la première ceinture : Cesson, Saint-Grégoire, Bruz, Saint-Jacques-de-la-Lande et Chantepie.

Si ce chiffre évolue peu, les inquiétudes des professionnels, elles, s’accroissent. En première ligne de mire, les chauffeurs VTC et leurs plateformes de réservation. « La concurrence est déloyale », juge Benjamin Petit, président de la Chambre syndicale des artisans taxis d’Ille-et-Vilaine, qui pointe du doigt, entre autres, « leurs maraudes, pourtant réservées aux artisans taxis ».

Un VTC a en effet l’interdiction de stationner ou de circuler à la recherche d’un client. « Il n’y a plus qu’une quinzaine d’artisans taxis à travailler en nocturne sur Rennes, contre une quarantaine avant Covid. »

À 80 % des déplacements professionnels

En début de carrière, les revenus d’un artisan taxi avoisinent les 1 500 euros nets. Ils doivent amortir l’achat d’une autorisation de stationnement, dont le prix varie selon la commune : « De 40 000 euros en zones rurales, à 160 000 euros à Saint-Malo, par exemple », détaille le président.

Le coût du kilomètre de transport varie, lui, de 1,04 euro à 3,12 euros, selon si le trajet se fait de jour ou de nuit, mais aussi si le taxi revient à vide ou s’il ramène un passager.

Dans la métropole, « 80 % de nos activités sont liées à des déplacements professionnels », souligne Benjamin Petit.

Depuis la gare et l’aéroport, mais aussi les centres d’affaires (Alphasis à Saint-Grégoire, Rennes Atalante, La Courrouze ou encore le parc-expo). « Depuis la crise sanitaire, le télétravail est devenu une pratique courante. Nous avons moins de clients », déplore-t-il.

Les trajets ambulatoires

« Hors métropole rennaise, en zone rurale, les transports ambulatoires représentent 95 % des courses », rappelle Benjamin Petit.

Des transports médicalisés liés par une convention avec la Caisse primaire d’assurance maladie. Valable cinq ans, une nouvelle convention sera applicable de 2025 à 2030.

Les artisans taxi souhaitent voir les tarifs réactualisés, notant deux points de crispation : la remise de 15,5 % appliquée sur chaque course remboursée par la CPAM ; et le coût minimal de 15 euros même pour une petite distance. Une rémunération plus suffisante pour assurer un service rentable.

Les artisans taxis et le préfet de région, Philippe Gustin, se rencontrent fin mars.