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Circul’Egg : du n’œuf à Janzé

Startup née en 2018, Circul’Egg récupère les coquilles d’œufs et les revalorise pour les filières de l’industrie cosmétique, de l’alimentation animale ou encore des compléments alimentaires. Après un dépôt d’un brevet en 2021 et de multiples récompenses, l’entreprise annonce s’installer à Janzé, sur un site industriel de 2500 m2. Tour d’horizon avec Yacine Kabeche, CEO.

Samuel Olivier, CPO ; Yacine Kabeche, CEO ; Justine Lecallier, COO ; Kristen Donnart, CTO ©Circul'EGG

Samuel Olivier, CPO ; Yacine Kabeche, CEO ; Justine Lecallier, COO ; Kristen Donnart, CTO ©Circul'EGG

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« Une économie circulaire plus propre », c’est la ligne de conduite que s’est donné Yacine Kabeche, entrepreneur de 29 ans, pour créer Circul’Egg. En 2018, il lance la startup dans le cadre de son cursus étudiant, sur cette idée de récupérer les coquilles d’œufs issues des casseries (les usines agro-industrielles dédiées à la casse des œufs), et de les revaloriser à destination de filières industrielles diverses. Cinq ans plus tard, Circul’Egg compte 23 récompenses, et le fondateur a été nommé dans le classement Forbes « Under 30 ».

40 000 tonnes de coquilles d’oeufs

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Pourquoi les œufs ? « Car la France est le premier pays producteur d’œufs en Europe et que plus de 40 000 tonnes de coquilles d’œufs sont rejetées chaque année. Actuellement, les casseries sont contraintes d’éliminer ces biodéchets, par diverses techniques telles que l’incinération, le compostage ou encore l’épandage. L’élimination d’une tonne de coquilles suivant ces méthodes coûte en moyenne à ces industries entre 10€ à 50€/tonne, soit jusqu’à 120 000€/an. » Le but de Circul’Egg : créer de nouveaux liens entre les filières, industrielles ou avicoles. Les co-produits, sources abondantes de minéraux et de biomolécules d’intérêt, sont alors récupérés grâce à un procédé, breveté par Circul’Egg en 2021, séparant sans produits chimiques la coquille externe de la membrane coquillière.

Nouveau site à Janzé

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En pleine expansion, la startup vient d’annoncer l’inauguration de son nouveau site industriel le 10 novembre : c’est à Janzé, « le barycentre des casseries de France » que l’équipe de Yacine Kabeche s’installe, dans une unité de 2500m2. Une troisième étape clé dans la croissance de l’entreprise, qui souhaite traiter, en 2024, près de 4500 tonnes de coquilles à l’année, car aujourd’hui près de 36 entreprises s’intéressent à ce circuit de revalorisation.
L’équipe de Circul’Egg ne cesse d’ailleurs de s’agrandir : autour des trois associés – Yacine Kabeche, Justine Lecallier et Samuel Olivier – viennent se greffer une quinzaine de collaborateurs et stagiaires, aux profils d’ingénieurs, de gestionnaires ou de financiers. La startup bénéficie aussi de nombreux partenaires et incubateurs comme l’INRAE, Agoranov obau encore l’Institut National de l’Économie Circulaire. Et des projets pour l’avenir, «  pourquoi pas des mini-usines directement en sortie des casseries », précise Yacine Kabeche.

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Deux ingrédients, de multiples utilisations

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Circul’Egg confectionne deux ingrédients, destinés à plusieurs usages. La coquille d’œuf comprend deux parties distinctes : la coquille externe et la membrane coquillière.
La coquille externe est en grande partie composée de carbonate de calcium (CACO3), substance très recherchée par les industriels, à l’origine de nombreux produits du secteur de l’alimentation animale.
La membrane coquillière, quant à elle, renferme des molécules d’intérêt pour le soutien de la fonction articulaire, mais aussi pour des applications thérapeutique, cosmétique ou encore nutritionnelle. Circul’Egg s’intéresse notamment à trois molécules : le collagène, l’acide hyaluronique et la chondroïtine sulfate.
En parallèle, la poudre de membrane de l’œuf permet un sourcing 100% français.