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Forum celte : la « Déclaration de Rennes » est signée

Reliés par un espace maritime atlantique et des objectifs communs, les partenaires celtiques - Bretagne, Écosse, Irlande, Cornouaille, Pays de Galle, Galice et Asturies - occupent une place importante dans l’espace européen. Les signataires de la "Déclaration de Rennes", présents lors du Forum Celte début août, veulent approfondir leurs relations.

Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, Mark Drakeford, premier ministre du Pays de Galles, Shona Robinson, vice-première ministre d’Écosse, Linda Taylor, présidente du Conseil de Cornouailles, Niall Burgess, ambassadeur de la République d’Irlande, Jesùs Gamallo Aller, directeur général des Relations extérieures de Galice Maria Belarmina Diaz, directrice générale des Mines et Energie des Asturies

Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, Mark Drakeford, premier ministre du Pays de Galles, Shona Robinson, vice-première ministre d’Écosse, Linda Taylor, présidente du Conseil de Cornouailles, Niall Burgess, ambassadeur de la République d’Irlande, Jesùs Gamallo Aller, directeur général des Relations extérieures de Galice Maria Belarmina Diaz, directrice générale des Mines et Energie des Asturies ©S.Se_7J

À l’issue de ce premier forum organisé à l’initiative de la Région à Rennes, Ia Bretagne a signé, conjointement avec toutes les nations celtes, la « Déclaration de Rennes » et des documents bilatéraux avec le Pays de Galles, l’Écosse, l’Irlande et la Galice. Au centre des projets : les mobilités étudiantes, la pêche, les énergies marines, le transport maritime et la culture. Ce forum, organisé à la veille de l’ouverture du Festival Interceltique de Lorient, était très attendu depuis le Brexit.

« Celtic act »

Après un voyage au Pays de Galles et en Irlande, en mars 2020, puis en Écosse en novembre 2021, Loïg Chesnais-Girard, président de la Région, a mis en place le « Celtic act ». En novembre 2021, une délégation bretonne séjournait déjà à Edimbourg, en marge de la COP 26 de Glasgow, pour poser les bases d’une éventuelle coopération future. La Bretagne a ainsi noué le premier accord de coopération avec les pays de Galles, évoquant des échanges concrets dans plusieurs secteurs : mobilité des jeunes, échanges dans l’enseignement supérieur et la recherche, coopération dans le domaine agroalimentaire et valorisation des algues, cybersécurité… « Le Brexit ne doit pas nous empêcher de travailler ensemble, ni les frontières de partager notre identité », précisait le président de Région. Avec un objectif principal : pallier les conséquences du Brexit avec différents groupes de travail.

Porte d’entrée maritime de l’Irlande dans l’UE

La Bretagne et la République d’Irlande ont des intérêts communs. Avec le Brexit, le Finistère devient la première porte d’entrée maritime de l’Irlande dans l’Union européenne avec les ports de Brest et Roscoff. Une convention de coopération entre un État et une région avait ainsi été proposée pour créer un « Pôle ouest européen » et obtenir des financements européens. Le transport maritime (et le réseau européen RTE-T) était déjà à l’ordre du jour début 2020, avec la présence, au sein de la délégation, de Jean-Marc Roué, président de la compagnie Brittany Ferries, dont les liaisons, tant côté passagers que fret, entre ports irlandais et français, sont passées de12 à près de 50 traversées par semaine. « Sur le sujet des énergies marines renouvelables, nous avons conscience face aux enjeux qu’il y a une opportunité extraordinaire à développer au niveau industriel et donc des emplois pour les habitants de nos territoires. Nos ports ne pourront pas, individuellement, répondre à tous les enjeux sur lesquels les industriels nous attendent. Nous devons donc travailler en synergie », indique Loïg Chesnais-Girard.


Un « Erasmus celte »

« Nous avons besoin de garder des ouvertures pour les jeunes, notamment avec des voyages scolaires, universitaires ou des échanges », exposait Loïg Chesnais-Girard. Des initiatives existent déjà et l’idée serait de créer un « Erasmus celte ». « Nous avons tous exprimé l’envie de recréer des liens et des passerelles permettant de compenser le Brexit et de permettre aux jeunes leur libre circulation. » Seul État 100 % anglophone de l’Union européenne depuis le Brexit, l’Irlande est prisée par les pays européens dans le cadre des mobilités scolaires. En août 2021, un accord entre les 4 universités bretonnes et 3 universités irlandaises (Cork, Limerick et Galway), a été signé, pour une durée de 5 ans. Ce groupe d’universités est nommé The Wild Atlantic Alliance.