Couverture du journal du 12/04/2024 Le nouveau magazine

Zero One Studio : financements wanted !

Fondé en 2017 à Rennes, Zero One est un studio de création de jeux vidéo. Basés à l'école rennaise Creative Seeds avec une filiale au Canada, les cinq membres de l’équipe ont déjà créé douze jeux, dont l'application vedette, Draw Your Game. Avec 25 millions de téléchargements cumulés, Zero One Studio n’a plus qu’une seule idée en tête : développer une nouvelle version du jeu star, à destination de l’enseignement et recherche 600 000 euros. 

©Zero One

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« Je suis fan des jeux vidéo, j’ai toujours voulu en créer. » Un rêve que Kacem Bekri, ingénieur, a finalement réalisé en 2017, avec Zero One Studio, une entreprise de création de jeux vidéo, qui rassemble 25 millions de téléchargements (2 millions sur IOS et 20 millions sur Android) sur les douze jeux proposés, dont Draw Your Game et Bunnies, les applications stars.

L’entreprise est divisée en deux entités : Zero One Studio et la filiale, Studio Zero, dirigée par Quentin Sallat, au Canada. « Quentin se concentre sur des jeux avec une base de joueurs préétablie, qui rapporte suffisamment d’argent pour que l’on en vive et nous en France nous prenons des risques et créons des applications surprenantes. » Une stratégie qui fonctionne : « Notre chiffre d’affaires est de l’ordre de 350 000 euros pour la partie Rennaise, 500 000 euros avec la filiale. Nous sommes toujours à l’équilibre, voire bénéficiaires. »

Zero one a déjà eu un financement important de la part du CNC, d’un montant de 100 000 euros. Un rachat ? « Nous avons déjà été contactés plusieurs fois par d’autres entreprises, dont deux grosses entreprises américaines. Ce n’est pas un désir de notre part. »

« Jusqu’à 15 000 euros par jour »

« Notre baseline pour Draw Your Game est simple : « Est-ce que tu aimerais être créateur de jeu vidéo ? » » Un concept, pour enfant en premier lieu, qui a eu une ascension fulgurante. En 2016, « pendant que je travaillais pour une société d’applications mobiles, j’ai créé un jeu appelé Draw Your Game avec un ami et je l’ai publié par plaisir sur Android et IOS. Le principe ? Prendre mes dessins de quand j’étais petit, les prendre en photo et jouer dessus. » Gros succès : plus de 20 millions de téléchargements gratuits sur toute la planète. Une modération a très vite été imposée, « ce qui me prenait énormément de temps et me coûtait très cher en serveurs. J’ai donc abandonné le projet. »

En 2017, Karim Bekri et son équipe, loin de se décourager, crée un studio et se lancent sur de nouveaux jeux, dont Bunnies « avec cette fois une bonne rentabilité : nous sommes montés jusqu’à 15 000 euros par jour. »
Après ce développement, une version monétisée du premier jeu historique est lancée en décembre 2023 : Draw Your Game Infinite.

Draw your game éducation : levée de fonds de 600 000 euros

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Zero One projette de décliner une version éducative de Draw Your Game. « La première version a été utilisée par des professeurs dans les écoles pour rendre leurs cours plus ludiques », confirme Kacem Bekri. L’idée est simple : mettre le mode éducation de Draw Your Game en avant, pour que les professeurs puissent avoir leur propre outil. « Nous avons déjà, à l’heure actuelle, des demandes – notamment de la part d’OrKs, une association d’e-sports, ou encore les académies de Montpellier et de Normandie. »

Pour cela, les financements sont nécessaires. « Nous voulons embaucher deux développeurs et un commercial. Nous cherchons donc des investisseurs. Nous souhaitons effectuer une levée de fonds de 600 000 euros, pour développer cette offre à l’échelle nationale, puis internationale. »

Incubé au Village by CA de Rennes, Zero One a aussi bénéficié du mentorat de Nicolas Plantis de Bretagne commerce international et espère rejoindre le Poool pour ce nouveau projet, (Frenchtech Rennes Saint-Malo).

Moins d’1 % des jeux mobiles survivent

Le marché des jeux vidéo est rude. « Nous devons rivaliser avec de grands groupes, cela nécessite certains stratagèmes. » Moins d’1 % des jeux mobiles créés à l’année fonctionnent sur des centaines de millions chaque année. « Plus de 99 % des applications ne sont pas rentables. Pour ce marché, il faut aussi avoir de la chance. Nous travaillons pas mal avec de la probabilité lors du lancement des jeux : on va jusqu’au bout même lorsque l’on sait que certains ne marcheront pas forcément, cela fait partie du jeu. »

Car, par principe, 95 % des gens ne paient jamais pour des jeux sur mobiles, « c’est un marché différent de tous les autres au monde. Il faut trouver d’autres moyens de rentabilité, comme les publicités ».

Il nécessite aussi de se différencier. « Nous publions notre prototype en l’état et nous le modifions en fonction des retours. Nous avançons par échecs successifs. » Dans la Région, « nous ne sommes pas beaucoup. Nous avons surtout une concurrence à travers le monde, notamment aux États-Unis. »