Couverture du journal du 02/12/2022 Consulter le journal

Élan créateur : 21 ans d’accompagnement des entrepreneurs

Ébénistes, formatrices, guides de randonnée ou encore luthiers… Fondée en 2001, la SCOP Élan créateur accompagne un large panel d’entrepreneurs du bassin rennais afin de développer leur activité. Des projets qui rendent service au territoire. De 34 associés en 2020, la coopérative est passée à 52 associés en 2022. Depuis sa création, plus de 3 700 entrepreneurs ont été suivis.

SCOP Élan créateur, entrepreneurs, Rennes

© 7J HC

Jeanne Bréard, guide conférencière et guide de randonnées. Membre depuis 3 ans

« Je voulais absolument éviter le statut d’auto-entrepreneur pour toutes les raisons sociales qui dessert ce statut. Le choix s’est avéré payant puisque je suis tombée enceinte l’année dernière et j’étais bien contente d’avoir les avantages de tout salarié. Je vois la différence avec mon milieu professionnel. La majorité de mes collègues sont en auto-entreprise ce qui fait qu’ils sont plus compétitifs sur les prix. Toutefois, avec la crise sanitaire de ces deux dernières années, près d’un collègue sur deux a abandonné le métier. Je ne vais pas dire que tout est au beau fixe pour moi, mais je me sens soutenue et je vois des axes de développement. Je me sors un salaire qui n’est pas énorme, mais très correct. »

 

Hector Girault et Thomas Le Pen Deven, luthiers et fondateurs de l’atelier Arbor & Son (fabricants de guitares). Membre depuis septembre 2021

« Nous faisions déjà partie de la coopérative « Comme un établi ». D’avoir une autre coopérative, dédiée à des domaines différents, nous a permis de nous former sur la gestion de notre projet. C’est un réseau qui nous permet de mutualiser nos idées. Il faut se dire que plus nous sommes nombreux et plus nous avons de chances d’arriver à avoir, chacun, un projet viable et pérenne. Les savoir-faire de chacun sont une source d’inspiration. Actuellement, nous réparons des guitares et sommes encore au lancement de l’activité. L’objectif est la vente des guitares, ce qui nous permettrait de nous dégager un vrai salaire. »

 

Camille Cramers, sellière à la tête de l’atelier Gwennili. Membre depuis 6 mois

« J’avais déjà eu une activité d’auto-entrepreneur par le passé et j’ai beaucoup souffert de la solitude. J’avais besoin de pouvoir rencontrer des personnes qui avaient les mêmes problématiques que moi, d’être accompagnée sur le plan administratif, comptable, et légal aussi parfois. Cela m’apporte beaucoup de motivation puisque nous sommes régulièrement amenés à avoir des moments collectifs. Nous nous échangeons des conseils et techniques. Je suis arrivée avec une clientèle déjà pré-installée, je faisais de la sous-traitance et je commençais à développer mon réseau sur Rennes, mais aujourd’hui je peux dire que j’arrive à en vivre. »

 

Gwenael Prost, artiste-designer autour des techniques de pliage. Membre depuis 1 an

« Pendant plus de 7 ans, j’ai construit mon activité professionnelle autour de l’auto-entrepreneuriat. Malheureusement, je n’arrivais pas à déployer mon réseau et développer mon activité. L’auto-entreprise, c’est bien pour générer du chiffre très facilement et rapidement, car c’est peu de contraintes administratives, mais il n’existe pas de sécurité de l’emploi, un cadre professionnel. Je voulais donc me structurer. Aujourd’hui, je vois la vraie différence. Une personne me suit au quotidien pour m’accompagner dans mes choix stratégiques. Depuis 6 mois, je suis entrepreneur-salarié au sein de la coopérative. En CDI, je peux donc me verser un salaire et ça me change la vie ! Mais c’est plus contraignant, car je dois générer plus d’argent par mois pour me maintenir à flot. »

 

Gaëtanne Mercier, menuisier-ébéniste. Membre depuis 2018

« À l’époque, je souhaitais m’installer en tant qu’auto-entrepreneur mais je n’étais pas entourée ou très peu. Je suis entrée dans la coopérative pour rencontrer des entrepreneurs et connaitre leurs techniques. Chacun vient d’un domaine différent, il est particulièrement intéressant d’avoir leur regard professionnel. Je voulais absolument travailler avec d’autres entrepreneurs pour avoir une vision plus globale. Ce qui m’intéresse, c’est la diversité des métiers et des générations. J’ai mis du temps à prendre mes marques, à trouver des clients. Maintenant, j’en vis. Je travaille beaucoup par le bouche-à-oreille et il y a un développement exponentiel depuis que j’y suis. »

 

Benjamin Boin et François Podevin, fondateurs de l’agence de communication solidaire « Brut de pomme ». Membre depuis octobre 2021

« Nous avions fini de peaufiner toutes les étapes de services et notre stratégie, mais nous étions encore en plein questionnement sur la structure juridique de notre agence. On nous a alors parlé d’Élan créateur. De pouvoir être aidé pour notre support stratégique et comptable, et de bénéficier d’un accompagnement tout en évoluant dans ce réseau de l’économie sociale et solidaire rennais nous paraissait être la meilleure solution. Nous avons pu augmenter le nombre de nos clients grâce à ce réseau. Nous avons également constaté un réel changement en termes de rigueur et d’organisation. Il y a un vrai plus là-dessus ! »

 

Suzanne Jolys, formatrice égalité filles-garçons et co-réalisatrice d’un podcast d’histoire pour enfant « Envolées contées ». Membre depuis novembre 2020

« Je ne me sentais pas de me lancer dans l’entrepreneuriat seule, sans parachute. Cela me semblait important d’être accompagnée, d’avoir un référent, de suivre des formations et des ateliers. La coopérative développe un réseau permettant de rencontrer de nombreux professionnels. Depuis le mois de janvier, je suis devenue salariée de l’entreprise, j’ai donc changé de statut ce qui permet une certaine stabilité. Avec d’autres entrepreneurs, nous menons des projets en collaboration. C’est une expérience très riche de faire partie d’un tel réseau. »

 

Tonino rizzo, formateur, facilitateur, maker. Membre depuis janvier dernier

« Nous pouvons très facilement entrer dans le monde de l’entrepreneuriat à travers l’auto-entreprise mais on se rend compte assez vite que ce n’est pas si simple. J’avais le sentiment d’être un peu bloqué, notamment par le regard des clients. Mon entreprise était petite et il était compliqué pour moi d’aller chercher de gros clients. En entrant dans une coopérative, j’ai eu un plus gros poids face aux clients. Je suis actuellement salarié d’Élan créateur et je me verse un salaire. Il faut trois ans pour devenir associé. Il me reste donc encore deux ans et demi pour me demander si je rentre complètement dans la coopérative ou non. »