Couverture du journal du 23/09/2022 Consulter le journal

Jeux vidéo : La Bretagne ne représente que 2 % du marché

Le secteur du jeu vidéo s’est toujours bien porté, depuis sa création et son ère industrielle, avec un chiffre d’affaires qui varie entre 4 et 5 milliards d’euros chaque année en France. En 2021, le marché a même enregistré une augmentation de +40% des offres d’emploi. Pour autant, la Bretagne reste l’une des régions les moins prolifiques, représentant seulement 2% de l’industrie.

Laurent Michaud, groupe Icône, jeu vidéo

Laurent Michaud, économiste, spécialiste de l’industrie du jeu vidéo et directeur du développement du groupe Icône (réseau d’écoles d’enseignement supérieur artistique) © HC-7J

Le secteur est donc en nette croissance. Le marché mondial représentera, à la fin de l’année, plus de 200 milliards de dollars de chiffre d’affaires. En France, le chiffre d’affaires tourne autour de 4 à 5 milliards d’euros chaque année. « Nous sommes un pays consommateur de jeux vidéo », explique Laurent Michaud, économiste, spécialiste de l’industrie du jeu vidéo et directeur du développement du groupe Icône (réseau d’écoles d’enseignement supérieur artistique). En effet, la France se place à la troisième place des pays consommateurs de jeux vidéo en Europe, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne.

« La Bretagne n’est pas une terre de jeux vidéo »

Ces dernières années, le Covid et l’isolement de la population ont permis au marché de croître de 20 à 25%. « Cette dynamique est encore, actuellement, supérieure à celle que nous avions enregistrée avant la pandémie, mais, évidemment, le phénomène est un peu moins important ». Néanmoins, chaque année, en France, entre 800 et 1200 emplois sont créés dans un secteur qui représente 8 500 emplois – équivalent temps plein – et 1 300 entreprises (dont Ubisoft, Focus Entertainment, Don’t Nod).

La Bretagne, elle, ne représente que 2 % du marché. « La Bretagne n’est pas une terre de jeux vidéo ». L’économiste explique également ce phénomène par le « centralisme à la française » qui amène toutes les entreprises à s’installer en région parisienne. « En Bretagne, et à Rennes, la dimension de la formation et du secteur n’est pas la même. Elle est bien moins développée ».

Sur le baromètre du jeu vidéo en France, après Paris, la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie et l’Auvergne-Rhône-Alpes développent un éco-système autour du jeu vidéo. « Est-ce que ce sont des villes il y a beaucoup de formations ? Est-ce que c’est seulement une histoire de qualité de vie ? Je dirais que c’est un mélange des deux ». Le « remote » (travail à distance) a également été développé ces dernières années. « La qualité de vie devient donc un élément primordial ».

L’Ille-et-Vilaine représente 98 % des offres d’emploi de la Bretagne

Selon l’Agence française pour le jeu vidéo (AFJV), en 2021, + 40 % d’offres d’emplois dans le secteur ont été publiées par rapport à l’année précédente. Une évolution exceptionnelle qui ne profite pas à la Bretagne. La région reste très peu attractive sur le marché du travail, ne représentant que 2 % de ces offres. Pourtant, cela représente 123 % d’augmentation par rapport à l’année précédente pour les départements bretons. « 10 % des étudiants qui sortent des écoles spécialisées créent leur studio de développement. Ce phénomène d’indépendance fait naître des entreprises sur les territoires. Ils ont souvent un attachement particulier à leur région. »

Le département de l’Ille-et-Vilaine représente à lui seul 48 des 49 offres d’emplois dans la région. Exception faite de la qualité de vie dans le grand Sud de la France, selon le spécialiste, il n’y a pas d’attachement particulier à un territoire. « De nombreuses personnes ont décidé de s’éloigner de Paris pour se rapprocher davantage de la campagne. Sans doute que Rennes et l’Ille-et-Vilaine ont profité de ce phénomène. Des studios indépendants ont également émergé ces dernières années ».