Couverture du journal du 12/04/2024 Le nouveau magazine

La reconversion post-Covid de NG Biotech

Après une croissance hors du commun en période Covid, le spécialiste des tests rapides de Guipry-Messac a dû gérer la décroissance. En dépit de cette adaptation, NG Biotech enregistre une hausse d'activité sur sa gamme historique et sera le fer de lance d'une filière française de tests de diagnostic de maladies infectieuses émergentes, en collaboration avec le CEA et l'AP-HP*. Entretien avec Milovan Stankov-Puges, PDG et cofondateur de NG Biotech.

©LM_7Jours

Après la vague du Covid, pendant laquelle vous avez fabriqué des autotests, où en est l’entreprise ?

Milovan Stankov-Puges. La forte croissance pendant la phase Covid a été une période extra-ordinaire. Nous avons dû mettre en place une nouvelle organisation et un deuxième site de production de façon très réactive. Notre chiffre d’affaires a été multiplié par 10 (de 3 millions d’euros en 2019 à 41,7 en 2021, Ndlr). C’est avec cette même réactivité que nous avons dû gérer la diminution des commandes dès 2022 et la restructuration. Notre plan d’économies s’est étalé sur plusieurs mois. Avant le Covid, nous étions 30. Nous sommes passés de 250 personnes au moment du pic de production des tests Covid, à 50 personnes aujourd’hui. Nous rapatrions le deuxième site de production sur le site historique. Avec mes associés, nous avons toujours anticipé. Nous savions que le Covid ne durerait pas éternellement donc nous n’avons jamais pris de décision qui aurait pu mettre en péril l’entreprise. En revanche, cela nous a permis d’investir dans des moules pour nos pièces plastiques qui étaient fabriquées en Asie et le sont maintenant dans le Morbihan, chez Albea.

Milovan Stankov-Puges ©NGBiotech

Milovan Stankov-Puges ©NGBiotech

Comment se porte l’activité aujourd’hui ?

MSP. Nous avons encore quelques très petites commandes de tests Covid mais très à la marge, nous ne l’intégrons pas au business plan. Notre gamme historique, les tests de résistance de bactéries aux antibiotiques, est en croissance de 20 % chaque année. Cela représente 70 % de notre activité. Nous commercialisons 800 000 tests par an, via des distributeurs, auprès des laboratoires de biologie des hôpitaux dans 70 pays. Nos principaux marchés sont l’Espagne, l’Italie, la Chine, les États-Unis et le Brésil. Nous travaillons sur des innovations qui vont permettre de s’affranchir de la bactérie et de faire le test directement sur les urines. L’antibiorésistance est une autre pandémie, silencieuse, qui fait 5 millions de morts par an dans le monde. Un chiffre qui pourrait doubler à horizon 2050.

« Notre gamme historique, les tests de résistance de bactéries aux antibiotiques, est en croissance de 20 % chaque année. »

Quels sont vos développements ?

MSP. Nous venons de lancer, dans seize pays, un autotest de grossesse sanguin, qui prélève une goutte sur le bout du doigt, avec une fiabilité de laboratoire. Pour atteindre cette nouvelle cible, il faut le bon distributeur qui connaît la santé des femmes et le secteur des pharmacies. Si ce produit pèse 10 % de notre activité pour le moment, nous pensons que cela pourrait grimper à 50 %.
Nous menons aussi des études afin de lancer nos tests d’antibiorésistance pour les bovins et les animaux de compagnie.
Enfin, dans le cadre de France 2030, nous travaillons, avec le CEA et l’AP-HP, sur le projet DiagRaMIE qui vise à développer une filière française de tests immunologiques rapides de diagnostic in vitro de maladies infectieuses émergentes et agents de la menace bioterroriste ; par exemple, la variole du singe, le champignon mortel Candida auris et les risques NRBC (Nucléaires, Radiologiques, Biologiques, Chimiques).

Le test de grossesse NG Biotech ©NGBiotech

Le test de grossesse NG Biotech ©NGBiotech

*CEA et l’AP-HP : Commissariat à l’Énergie atomique et Assistance Publique – Hôpitaux de Paris