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Chapelle-des-Fougeretz : entre histoire et urbanisation

Des fouilles de grande ampleur, mettant en évidence un sanctuaire gallo-romain, sont menées actuellement à La Chapelle-des-Fougeretz dans le cadre d’un aménagement au sud de la commune. Un projet d’habitation d’un peu plus de 25 hectares mêlant des enjeux de requalification urbaine et d’extension de la ville.

La Chapelle-des-Fougeretz

Vue aérienne d’une partie des 7 hectares de fouilles ©INRAP

Repéré dès 1984 par un survol aérien, un premier diagnostic de l’Inrap (Institut national des recherches archéologiques préventives) a été réalisé en 2018 afin de définir une zone de fouille au sud de la commune de la Chapelle-des-Fougeretz. Depuis le mois de mars dernier, les archéologues ont mis en évidence un important sanctuaire gallo-romain fondé à la période suivant la conquête romaine au Ier siècle avant notre ère. Les recherches, de plus de 7 hectares, autour de cet ensemble culturel, révèlent des vestiges de bâtiments, mais également l’organisation d’ensemble du sanctuaire et de son environnement. « C’est une plongée dans le quotidien d’un important lieu de culte. Un lieu central de la vie publique antique, notamment par son implantation », explique Bastien Simier, archéologue de l’Inrap et responsable des opérations.

La Chapelle-des-Fougeretz

Bastien Simier, archéologue de l’Inrap et responsable des opérations. ©HC-7J

Et d’ajouter qu’« il renseigne sur la manière dont les populations celtes locales [les Riedones, ndlr] ont intégré les pratiques religieuses et sociales romaines ».

L’ensemble se compose d’un vaste espace sacré, délimité par une galerie à colonnades de 60 m de côté entourant les deux temples. Une petite figurine en bronze du dieu Mars, laissant penser qu’au moins un des temples lui était dédié, une coupe en bronze, des parures ou encore des offrandes monétaires ont déjà été découvertes. En contrebas, la fouille a également révélé un édifice thermal de 120 m2.

Le chantier se poursuivra, au moins, jusqu’en octobre 2022, pour un coût total estimé à près d’un million d’euros.

Un aménagement de 700 logements

Selon le Groupe Giboire et le Groupe Launay, qui pilote l’aménagement de ce secteur, ces fouilles n’influencent en rien la date butoir du chantier (2035). « Nous étions au courant depuis 2016. Sur ces 25 hectares, nous avons laissé l’Inrap intervenir sur un secteur de près de 7,5 hectares, mais nous avons géré ensemble nos calendriers respectifs pour qu’il y ait une très bonne cohérence d’intervention », explique Guillaume Loyer, directeur promotion Bretagne et aménagement urbain du groupe Giboire.

Pour l’heure, seul le lotissement des Couteaux de la Viennais a démarré avec la construction de près de 200 logements. À terme, le nouveau quartier, se déployant sur la Viennais et le Pont-Romain, permettra de construire 700 logements de formes urbaines différentes (habitat individuel et collectif). Un vrai changement dans le paysage de cette petite commune d’environ 5 400 habitants (chiffres 2020). « Nous avons eu des discussions avec les agriculteurs depuis 2008. L’agglomération rennaise accueille un nombre d’habitants important et le flux migratoire est très positif sur l’Ouest. C’est compliqué de dire qu’aujourd’hui nous n’allons plus, effectivement, consommer un mètre carré de terre agricole, révèle Guillaume Loyer. L’extension urbaine est un peu remise en cause, mais il ne faut surtout pas oublier de mentionner qu’elle intègre des problématiques de requalifications urbaines, ce qui a permis cette opération de fouille. »

La Chapelle-des-Fougeretz

Véronique Lepannetier Ruffault, responsable de programmes en charge du projet de La Chapelle-des-Fougeretz pour le Groupe Giboire, Michel Baillieu, directeur adjoint scientifique et technique de l’Inrap, Guillaume Loyer, directeur promotion Bretagne et aménagement urbain et Aurélie Ruders, responsable juridique. ©HC-7J

L’aménagement a également permis de s’attaquer aux zones de mutation comme celle du Pont-Romain. En effet, à l’origine, la société Hardy – fabricants de meubles de cuisine dont les activités ont cessé en 2009 – était installée sur le site. Jonction entre les deux secteurs du chantier, une opération de démolition et de dépollution de l’usine a été réalisée pour des bâtiments laissés à l’abandon. Cette opération s’inscrit donc dans la reconversion de la friche Hardy en projet de renouvellement urbain. Le Pont- Romain accueillera 325 nouveaux logements sur une surface de plus de 15 hectares, à l’horizon 2028-2030. Le chantier, lui, devrait se terminer « pas avant » 2035.