Couverture du journal du 03/07/2024 Le nouveau magazine

Gigz : de Rennes à Miami, la startup rayonne

Créée en 2018, Gigz n’en est plus à ses débuts. Après sa participation à Start up on the beach à Saint-Malo fin juin, l’entreprise de solution marketing évènementielle a passé un cap, avec sa participation à la West Web Valley, à Carhaix (22), en marge du festival Les Vieilles Charrues. Entretien avec le CEO de cette société ultra-connectée, Abdoulaye Sambe.

Abdoulaye Sambe, CEO de Gigz ©S.Se7Jours

Abdoulaye Sambe, CEO de Gigz ©S.Se7Jours

Abdoulaye Sambe, CEO de la startup Gigz, évoque la situation de son entreprise créée en 2018, depuis ses débuts à Paris jusqu’à son installation à Rennes, récemment.

7J.Quelle est la genèse de Gigz ?

Abdoulaye Sambe. Un jour j’ai demandé à un ami qui organisait de nombreux évènements en France et à l’étranger, combien lui rapportait un euro dépensé. Il n’a pas su me répondre. J’ai commencé à faire des recherches et je me suis aperçu que 3/4 des PME, pour la promotion d’un évènement, d’un produit, étaient dans une situation de contre-performance marketing. 67% des données de la clientèle sont sous-exploitées et il y avait une incapacité à mesurer le ROI marketing (retour sur investissement, ndlr). Nous avons fait ce constat juste avant la crise Covid, en 2018. On a donc créé cet outil qui permet d’aider les acteurs de ce domaine à piloter leurs outils marketing pour savoir où, comment et à quel moment, ils doivent dépenser leur budget.

7J.Quels avantages avec cette plateforme ?

AS. Pilotée par l’intelligence artificielle (IA), elle permet à nos clients (festivals, salles de musiques actuelles…) de réduire de moins de 30% le coût d’acquisition client. Avec le même budget, ils gagnent donc plus d’argent. On accompagne par exemple les Plages Électroniques (Cannes). L’année dernière, ils ont fait sold out et 30% des conversions clients étaient issus de notre plateforme, avec une réduction d’au moins 40% du coût d’acquisition client comparé à 2019. L’IA sert à créer des segments (des filtrages, ciblage…) hautement qualifiés prenant en compte le parcours client, l’historique, les métadonnées… et identifie les meilleurs potentiels acheteurs. Ce sont toutes ces données qui sont centralisées et derrière, tourne une machine automatisée.

« Nous visons le million d’euros de chiffre d’affaires d’ici à la fin de l’année, avec un développement à l’international.»

Combien d’acteurs ont déjà choisi cette solution ?

On a accompagné, depuis notre création, plus de 80 projets, dont près de 40 festivals (soit 50% de nos clients). Le reste sont des salons professionnels culinaires, des sociétés de production, des salles de musiques actuelles… Nous travaillions déjà avec des festivals de renom : Marsatac à Marseille, les Plages Électroniques à Cannes, le Positiv Festival à Orange, le No Logo BZH à Sait-Père-Marc-en-Poulet, le Dooinit à Rennes et même à l’international : le Sumfest à Miami, au Portugal…

Avec un accompagnement ?

Nous les aidons à centraliser leurs données, à faire l’attribution marketing, voir clair dans les campagnes et identifier celles qui sont les plus efficaces. Nous proposons la plateforme que chacun peut piloter par la suite, de manière fluide. La plateforme est modulée par rapport à leurs besoins. Nous y avons connecté des systèmes de ventes (ticketing), des leviers digitaux (instagram, facebook…), emailing, sms.

Vous avez atteint une certaine stabilité…

Après 5 ans de recherche et développement, l’équipe est très stable et n’a pas trop bougé depuis la création en 2018. Nous sommes 10, dont 5 employés et 5 freelances. Nous sommes dans une phase de croissance, d’où l’organisation de notre levée de fonds. Nous avons déjà, à l’heure actuelle, dépassé notre chiffre d’affaires de 2022 (400 000€) et nous visons le million d’ici à la fin de l’année, avec un développement à l’international.

Vous avez déjà obtenu des prix.

Nous avons été finalistes au Midem Lab à Cannes en 2019, le plus gros festival sur la musique au monde, ce qui nous a permis de pitcher devant le monde entier. En 2021, nous avons aussi été finaliste du prix Entreprendre dans la culture en 2021. Nous avons participé, l’année dernière, au South by southwest, à Austin (Texas). Cette année, nous avons été finalistes pour le prix de l’innovation du Centre national de la musique.

Des limites ?

La difficulté principale que j’ai rencontrée dans mon parcours d’entrepreneur : les barrières sociales, auxquelles j’ai dû faire face tout au long de mon parcours. Quand je me présente à un salon on pense souvent que je suis un artiste et non un entrepreneur. Mais cela ne m’a jamais arrêté pour autant. Autrement, nous sommes sur un secteur qui bouge beaucoup, avec une période post-Covid où il y a eu moins de subventions, mais nous nous adaptons. Tout le monde prend conscience de l’importance du digital et en particulier de l’intelligence artificielle.

Et pour l’avenir ?

Dès la rentrée, nous allons accompagner les musées, les théâtres, renforcer notre présence auprès des salles de musique actuelle, des clubs sportifs… Et nous sommes en train de lancer une solution full SaaS (software as a services), c’est-à-dire que les personnes pourront utiliser la plateforme en autonomie totale, avec un suivi. Nous nous sommes récemment installés à Rennes : c’est une terre de festivals très ancrée dans la tech’. Et nous allons recruter.