Couverture du journal du 18/09/2020 Consulter le journal

La recherche immobilière sur le littoral explose

Le confinement aura eu pour effet de booster le marché de l’immobilier sur le littoral. La demande explose. À voir maintenant si les ventes vont se concrétiser et la tendance se confirmer. Agnès Bardoux de l’agence immobilière malouine du Groupe Nestenn présage un intérêt accru des citadins pour l’achat d’un bien secondaire cette année, et pourquoi pas des installations si le télétravail continue de se développer.

Un marché toujours tendu

Début janvier, les notaires constataient un déficit d’offre sur le littoral avec pour corrélation des prix toujours en hausse. En 10 ans, les maisons anciennes ont augmenté de 20,6 %. Ce que confirme Agnès Bardoux précisant la disparité en fonction de la localisation « Le marché est très dynamique. Les prix continuent de grimper sur les secteurs très recherchés et les vues mer, cependant sur les extérieurs de Dinard et Saint-Malo les prix restent relativement stables. »

Nous avons été surpris du nombre d’appels reçus pour des renseignements dès la fin du mois d’avril

Des projets affinés pendant le confinement…

Agnès Bardoux, directrice de l’agence immobilère malouine du Groupe Nestenn.

Un marché sous tension qui a amplifié les inquiétudes des acheteurs pendant le confinement, redoutant une pénurie accrue de logements « Certaines personnes ont même essayé de nous soudoyer pendant le confinement pour visiter des biens !  s’amuse Agnès Bardoux. Cette période à la maison a permis aux futurs acquéreurs d’affiner leur projet en consultant les annonces, et certains ont revu leur priorité notamment sur les extérieurs… Nous avons été surpris du nombre d’appels reçus pour des renseignements dès la fin du mois d’avril, cela sonnait dans tous les sens ! Les gens craignaient de ne plus trouver de biens disponibles. » Une inquiétude sur la tension du marché qui se traduit par des ventes au prix du mandat sans négociation.

…mais pas de choc de marché

La saison estivale est souvent propice à l’achat de résidence secondaire et cette tendance pourrait se confirmer plus fortement cette année.Les répercussions de la crise et les nouvelles habitudes prises notamment avec le télétravail ne devraient pas révolutionner à court terme les achats loin des métropoles mais pourraient avoir cependant un léger impact. « L’arrivée du TGV À saint-Malo avait déjà apporté un frémissement aux achats sur la côte, facilitant la venue des Parisiens sur le week-end. L’effet de la crise pourra également amener ce type de secousse avec l’envie d’une résidence sur le littoral, avec des extérieurs. Il y a déjà de nombreux Rennais qui ont opté pour ce mode vie, semaine en ville et week-end sur la côte. La pratique du télétravail, si elle s’inscrit dans les habitudes, serait susceptible de pousser certains citadins à déménager. Mais on parle ici d’effets assez légers, on ne note pas encore de fort impact. »

Pour l’experte en immobilier, seule la remontée des taux d’intérêt pourrait fragiliser le marché « Les indicateurs sont au vert. Les banques prêtent toujours à des taux très bas. La pierre reste une valeur refuge particulièrement quand les rendements sur livrets sont eux, très faibles. »

UNE RÉGULATION DES LOCATIONS AIRBNB POUR RÉDUIRE LA TENSION SUR LE MARCHÉ IMMOBILIER MALOUIN

Sur Saint-Malo, des petites surfaces sont remises en vente depuis le début de l’année, conséquence de l’arrêté pris par la ville sur les locations saisonnières type Airbnb. Depuis Janvier 2020 un numéro d’enregistrement est désormais nécessaire pour louer sur la plateforme. Il permettra de vérifier que la limite des 120 jours de location par an pour les non-professionnels n’est pas dépassée et que les locations professionnelles ont bien fait l’objet d’une demande de changement d’usage avec le principe de compensation prévu par la loi. Pour obtenir ce numéro d’enregistrement, un loueur devra respecter certaines contraintes, comme par exemple l’accord unanime de la copropriété.

Cette décision fait suite à la multiplication des offres de location de courte durée à Saint-Malo. Le nombre d’annonces actives sur la plateforme Airbnb a été multiplié par deux entre avril 2016 et fin 2018. Ce doublement du marché est porté quasi exclusivement par les logements entiers. En 2018, le nombre d’annonces de meublés touristiques Airbnb touchait 11 % du parc de logements de Saint-Malo (résidences principales et autres) avec de fortes variations selon les quartiers ; Intra-Muros étant le quartier le plus impacté (27 % des logements ont fait l’objet d’une annonce). Ce phénomène générerait à la fois de fortes tensions sur l’offre locative d’habitation traditionnelle et une hausse du coût des logements, tant à la location qu’à l’achat.