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[ Dossier La menace cyber ] « La filière cyber, c’est 160 entreprises en Bretagne » Tiphaine Leduc, coordinatrice de la filière cybersécurité pour Bretagne Développement Innovation (BDI)

Tiphaine Leduc ,Coordinatrice de la filière cybersécurité pour Bretagne Développement Innovation

Tiphaine Leduc ,Coordinatrice de la filière cybersécurité pour Bretagne Développement Innovation (BDI) ©DR

Comment se porte la filière cybersécurité en Bretagne ?

Tiphaine Leduc : La filière est très dynamique. Nous comptabilisons sur le territoire 160 entreprises spécialisées dans la cybersécurité, ce qui représente 8 000 emplois environ. De grands groupes comme ATOS, Thales, Orange, Airbus côtoient de plus petites entités spécialisées sur des briques technologiques. Chaque mois, au moins une structure s’installe sur la région. En venant en Bretagne, les entreprises cyber se rapprochent d’un écosystème complet comprenant 180 chercheurs, 3 500 étudiants, un pôle d’excellence cyber, la présence de l’Agence nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information… Elles sont connectées aux sujets nationaux qui sont souveraineté, innovation, recrutement et formation.

Toutes les entreprises ont besoin de se doter de cybersécurité

Le marché est à fort enjeu avec l’augmentation significative des attaques. Les entreprises se protègent-elles suffisamment ?

TL : C’est inégal. Pourtant, la cybercriminalité se développe. À titre d’exemple une pratique très courante est l’attaque par ransomware (malware qui empêche les utilisateurs d’accéder à leur système ou à leurs fichiers personnels et exige le paiement d’une rançon en échange du rétablissement de l’accès – ndlr). Cela a été multiplié par 4 en un an. Tous les types d’organisations sont ciblés, personne n’est à l’abri. C’est pourquoi, nous travaillons activement à faire se rencontrer les entreprises de cybersécurité et les acteurs économiques du territoire breton. Le but est de promouvoir la cybersécurité, de rendre intelligible la notion, d’informer des risques et des moyens de s’en prémunir. Il s’agit d’éviter que ces incidents, de plus en plus nombreux et fréquents, aient des conséquences lourdes sur les activités des entreprises comme bloquer le système d’information, empêcher le travail. Et puis à terme, il est nécessaire de garantir au citoyen qu’il évolue dans un environnement de confiance numérique.

Justement quelles actions menez-vous chez BDI pour sensibiliser les entreprises aux risques cyber et aux conséquences sur leur activité économique ?

TL : En plus d’être présents sur les salons dédiés à la cybersécurité, nous participons aux salons des différents secteurs professionnels. Dernièrement nous avons participé au Santexpo, salon dédié aux acteurs de la santé. Nous proposons régulièrement des démonstrations chocs pour amener les entreprises à s’intéresser à la cybersécurité et à prendre en compte les enjeux. C’est ce que l’on a fait par exemple lors du dernier CFIA, salon destiné aux professionnels de l’agroalimentaire, en hackant en direct une ligne de production. Ce type d’intervention envoie un message fort sur les conséquences d’une attaque et la nécessité de se protéger.

Quels marchés visent nos entreprises cyber ?

TL : Nous développons une culture européenne de la cyber avec des façons de travailler, des règles à respecter. L’échelle qu’il faut retenir c’est l’Europe. Nous travaillons à assoir les entreprises et la promotion de leurs offres au niveau européen grâce à des salons, l’élaboration d’études de marché comme sur l’Espagne et l’Italie. Nous collaborons étroitement avec BCI (Bretagne Commerce International) sur les enjeux du marché européen de la cyber. Et pour renforcer ce travail sur le rayonnement de la filière, la Bretagne rejoint le campus Cyber national. Ce Campus décliné en Région profitera d’une dynamique nationale pour rayonner à l’international.

Bretagne Développement Innovation (BDI)

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