Couverture du journal du 17/09/2021 Consulter le journal

Le Domaine des Ormes séduit la clientèle locale

Le domaine des Ormes s’étend sur 200 hectares entre Rennes et Saint-Malo. Depuis quatre décennies, ce qui était à l’origine une exploitation familiale est devenu un lieu de villégiature singulier. La diversité des hébergements, le grand nombre d’activités ludiques et depuis peu un espace aquatique coiffé d’un dôme, pour éviter les rares averses qui peuvent survenir en Bretagne, séduisent un nombre croissant de visiteurs, mais aussi d’entreprises venues y faire leur séminaire. Arnaud de La Chesnais, fils des fondateurs et président du directoire, nous a ouvert les portes de son petit paradis.

Arnaud de La Chesnais Domaine des ormes

Arnaud de La Chesnais © Studio Carlito

Nous avons rendez-vous à 16 heures avec Arnaud de La Chesnais pour parler du domaine, de la saison qui bat son plein, des projets aux Ormes, de la crise sanitaire aussi. Après un café à la terrasse d’un des quatre restaurants que contient le resort, le propriétaire des lieux nous propose de venir faire nos premières prises de vues, au dôme.

Le dôme, un investissement de 10 millions d’euros pour assurer une activité 4 saisons

Le dôme est une bulle abritant un espace aqualudique. Il a été construit juste avant la crise sanitaire. C’est la pièce maîtresse du domaine, pensée pour faciliter la fréquentation toute l’année, véritable enjeu pour le développement des Ormes et la pérennisation des 100 salariés employés en CDI. Arrivés au pied du dôme, nous comprenons que notre premier contact avec le domaine se fera… en hauteur. Nous escaladons l’immense coque bleue par une petite échelle en bois et arrivés au sommet, nous découvrons toute la beauté du lieu, à 360°.

Domaine des ormes

© Studio Carlito

De la ferme au resort

Le château, l’étang, l’espace ludique, le golf, les écuries, les différents points de forêts dont on sait qu’ils recèlent des hébergements insolites, atypiques… la vue est grandiose. Dur d’imaginer qu’il y a 45 ans ce n’était que des champs de céréales et des prés pour les vaches laitières. Arnaud de La Chesnais a 10 ans quand ses parents, alors exploitants agricoles, décident en l’espace d’un week-end de changer de vie, convaincus par des amis vendéens que leur domaine est doté d’un énorme potentiel pour attirer les Anglais, très friands de tourisme vert. Ni une ni deux, l’emprunt qu’ils viennent de contracter en vue d’installer des stabulations dernier cri ira finalement à la construction d’un bloc sanitaire et d’une piscine ! 1977, c’est le début de l’aventure avec un premier contrat signé auprès d’un opérateur anglais. « C’était hyper gonflé, tout le monde leur disait qu’ils étaient fous. »

La crise du Covid amène une nouvelle clientèle

Après ce premier contact avec les Ormes et son histoire, le propriétaire des lieux nous embarque dans sa voiturette de golf. « Le domaine est rempli à 90%, et ce week-end du 15 juillet nous serons à 100%. Pour l’instant nous n’accusons pas d’annulations dues au pass sanitaire mais cela nous demande une nouvelle organisation, contraignante ». Si nous croisons des vacanciers anglais ou encore hollandais, ils sont toutefois beaucoup moins présents que les années précédentes « Entre le Brexit, la crise sanitaire… notre clientèle a changé. Cette année il y a beaucoup de Français, et notamment des locaux qui profitent du cadre. Les habitants des environs découvrent l’endroit, des 22, des 35… » Ce n’est pas une surprise quand on sait qu’un voyageur breton sur 4 a prévu de séjourner dans la région cet été. « On attire une nouvelle clientèle, celle des Center Parcs. Il n’y en a pas en Bretagne et nous sommes un peu moins chers. »

Sur une cabane perchée…

Arnaud de La Chesnais

Arnaud de La Chesnais © Studio Carlito

Ce qui frappe au Domaine des Ormes c’est la grande diversité d’hébergements proposés : hôtel 3 étoiles, cabanes dans les arbres, mobil-homes, gîtes… « On est ni un Center Parc – ni un camping – ni un Club Med mais un peu tout ça à la fois ». Et ce qui a contribué à la notoriété du lieu, ce sont bien sûr les cabanes dans les arbres, idée développée par Arnaud de La Chesnais dès 2003 pour le mariage de sa sœur. « À l’époque, on m’a dit que c’était gadget, qu’il valait mieux se concentrer sur le cœur de métier avec les mobil-homes. Mais mon intuition était bonne, les gens ont besoin de rêver, d’évasion… cela a tout de suite plu. » Depuis, les cabanes se sont diversifiées. Pour les plus téméraires, il y a celles accessibles uniquement par tyrolienne, d’autres sont posées sur l’eau, certaines encore se présentent sous forme de hutte. Il y en a pour tous les goûts. Et de nouveaux concepts trottent dans la tête d’Arnaud de La Chesnais, notamment une cabane de 12 places d’où sortiraient des toboggans « J’ai des idées tout le temps, j’essaie de trouver le truc qui peut plaire – il ne faut jamais se reposer sur ses acquis ».

On est ni un Center-Parc – ni un camping – ni un Club Med mais un peu tout ça à la fois.

La question à Arnaud de La Chesnais

Et vous, où partez-vous en vacances ?
« J’adore aller au Brésil pratiquer le kite surf. Mais sinon la plupart du temps je fais des courts séjours dans des lieux qui pourraient m’inspirer de nouvelles idées pour les Ormes ! »

Quand je serai riche, j’achèterai un étang et des canards

Le voyage continue avec le maître des lieux. Un mot pour chaque personne rencontrée, une boutade à l’adresse d’un golfeur, un encouragement pour une résidente qui s’élance sur une tyrolienne pour rejoindre sa cabane « J’ai le contact facile ». On s’arrête devant l’étang. Des canards passent… Arnaud de La Chesnais a toujours le bon mot « Quand je serai riche, j’achèterai un étang et des canards, c’est con les canards, mais ça fait cossu », une réplique empruntée à Bebel dans 100000 dollars au soleil. Le président du directoire est aussi attentif à son domaine, soucieux de l’entretien des espaces « Vous voyez ces chênes, ils ont été massacrés par la tempête de novembre ! Je les ai entièrement retaillés à la main. » Mais entretenir ce domaine est un challenge de tous les jours, challenge qu’il partage avec ses deux sœurs, Séverine du Jonchay et Sonia Million « Elles font tout, je fais le reste », s’amuse-t-il.

L’utile et l’agréable

Sur notre route nous rencontrons Stéphanie Peltier, qui sort d’un séminaire avec une dizaine de personnes. Stéphanie est responsable des relations entreprises. Elle se réjouit de la bonne reprise qui s’annonce « Le mois de septembre prochain, c’est du jamais vu en termes de réservation ! » En effet les services aux entreprises sont une activité en pleine croissance aux Ormes. Cela représente 2 millions d’euros de part de CA soit 20% du chiffre total. Une activité phare qui contribue à la vie du domaine toute l’année.

Pour parfaire la visite, Arnaud de La Chesnais nous embarque pour un survol en hélicoptère, service dont peuvent bénéficier les hôtes. S’offre alors à nous une vue magnifique sur un lieu témoin d’une belle épopée familiale, dont le succès ne se dément pas. Oui, je vous le concède, dur métier !

Les Ormes et la crise sanitaire

« Nous avons eu 0 aide de l’État au titre de la perte du chiffre d’ affaires, mais tout de même quelques aides sociales… 1,7 M permettant de ramener la perte à 2,5M au lieu de 4,2M. Des aides sont arrivées en 2021… pour 2021. Bien que peu concernés nous saluons le plan de sauvetage économique de Bercy. Il a évité à nombre d’entrepreneurs de se jeter sur les anxiolytiques. Le pass sanitaire, c’est encore une nouvelle contrainte qui nous tombe dessus. Pour l’instant nous n’accusons pas d’annulations. Le contrôle se fait à l’arrivée. Si des vacanciers ne sont pas vaccinés, ils sont invités à rester sur leur emplacement et héritent d’un bracelet rouge leur interdisant d’accéder aux activités. Nous réfléchissons à installer des tests rapides sur site. C’est encore beaucoup d’organisation. Il faut que nos politiques entendent qu’il y a une limite à l’adaptabilité des entreprises. » Le Domaine des Ormes emploie 100 personnes en CDI à l’année et 200 saisonniers.